ARRÊTEZ DE VOTER LES VERTS

Depuis que j’ai commencé à m’intéresser à la politique, plusieurs choses m’interpellent fréquemment. Le niveau de l’abstention par exemple, ainsi que le désintérêt manifeste dont nous faisons preuve face à cette tendance, sauf lorsque l’on se fait apostropher par un·e membre de notre famille, un·e internaute en colère parce que « des gens sont morts pour le droit de vote ». Alors que pendant que cette diatribe se prolonge, l’écologie reste le sujet qu’on n’aborde qu’à coûts de vacuités ; le covoiturage, les éoliennes, comme si ces deux mesures permettaient pour l’instant d’entrevoir un futur radieux.

Pourtant une autre préoccupation me frappe à chaque élection, qu’elle soit locale, régionale, ou nationale. Beaucoup de personnes qui s’intéressent peu à la vie politique – pour des raisons que je ne chercherai pas à juger – votent Europe Ecologie les Verts, en ayant l’impression de remplir d’une part leur devoir de citoyen, de l’autre, l’impression de voter pour une politique en faveur d’une transition écologique.

LE GOÛT AMER DE LA POLITIQUE

Il faut garder en tête que de s’intéresser à la politique n’est pas inné, et ce serait hypocrite de dire que nous sommes égaux·les dans notre appréhension de la vie politique française. Pareil pour les différents impacts qu’elle a sur nos vies quotidiennes. Nous vivons dans une république parlementaire, dans laquelle nous pouvons élire nos dirigeant·e·s. En raison de ce pouvoir que nous avons, un poncif revient fréquemment.

«Tu n’as pas à te plaindre du résultat des élections si tu n’as pas voté. »

Cette rhétorique est bancale, et incorrecte. Chacun·e a le droit de s’abstenir, que les raisons qui poussent à le faire soient fondées ou non. Néanmoins, mes cheveux se hérissent lorsque j’entends qu’on vote EELV pour faire rentrer des convictions écologiques dans le débat public. Car face à l’urgence climatique, il est impératif de désavouer un parti qui a trop tendance à surfer sur une vague écologiste pour asseoir une présence centriste peu engagée dans le débat politique.

UN PARTI HORS SOL

Les victimes du réchauffement climatique seront avant tout les populations précaires, soyons honnêtes. Ce phénomène, non content de grignoter la couche d’ozone et l’espérance de vie de notre habitat, impacte les factures énergétiques des foyers à l’heure on l’où commence déjà à parler de précarité énergétique [1]. A Lyon, les élu·e·s EELV se sont attaqué·e·s frontalement à la gratuité des transports, en dénonçant une politique anti-sociale alors que les effets de cette mesure seraient positives, que ce soit pour le portefeuille des précaires ou pour la pollution de l’air à Lyon, comme ce fût le cas à Dunkerque.

« Le site EELV des Yvelines reconnait pourtant que la gratuité des transports en commun à Dunkerque a permis d’augmenter le nombre d’usagers de 65 % « dont de nombreux automobilistes qui laissent désormais leur voiture au garage », 10 % des utilisateurs·rices ayant même revendu leur deuxième voiture. » [2]

Ne vous méprenez pas, Europe Écologie n’est pas le parti que j’exècre le plus dans la vie politique hexagonale, contrairement au reste des Français·es [3]. Pourtant je suis las de voir une structure nationale moins pertinente que ses organisations locales. Les instances locales de jeunes disposent d’une autonomie considérable à l’égard du national, mais ne disposent cependant pas d’un pouvoir d’influence suffisant sur les décisions prises par les divers bureaux exécutifs existant au sein du parti.

DES ALLIANCES TOUJOURS PLUS IMPROBABLES

A Paris, EELV fait du pied à Cédric Villani. A Lyon, deux élus ont vivement attaqué la gratuité des transports et avancé que c’était une « mesure antisociale » car elle permettrait également aux plus aisé·e·s de voyager gratuitement. Donc si l’on prolonge cette rhétorique, les personnes aisé·e·s devraient également payer leurs frais médicaux, sans remboursement ? Quant à Yannick Jadot, il vire à tribord après avoir refusé diverses alliances à gauche. Bien que la droite française ne rêve que d’un capitalisme vert cela ne fait pas peur au leader des verts. Et c’est bien là tout le problème.

Il est certes louable de vouloir faire sa part, et se dire qu’on va en profiter pour donner une voix à l’écologie. Mais soyons honnêtes : pouvons-nous parler d’écologie sans critiquer le capitalisme ? Prouvez-moi le contraire si vous le pouvez. Cependant, si vous voulez faire avancer l’écologie, vous pouvez agir dès demain sur la première cause de pollution française, l’élevage intensif – qui représente 22 % de nos émissions de gaz à effet de serre.


SOURCES

[1] Précarité énergétique

http://www.cerdd.org/Parcours-thematiques/Changement-climatique/Precarite-energetique

[2] Extrait d’un article de Politis

https://www.politis.fr/articles/2020/03/pourquoi-eelv-sen-prend-elle-violemment-a-la-gratuite-des-transports-en-commun-urbains-41481/

[3] Europe Écologie-Les Verts, parti mal-aimé des Français, selon un sondage

https://www.francetvinfo.fr/politique/eelv/europe-ecologie-les-verts-le-parti-mal-aime-des-francais-selon-un-sondage_868641.html

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