Diptyque : présentation d’un tableau où communiquent handicap et validité

Présenter une création avant même qu’elle ne naisse, ça peut paraître paradoxal. Mais le paradoxe c’est ce sur quoi ils vont jouer dans cette future chronique.

      Origine :

              Créer, ça ne se fait pas tout seul. Un tableau ne vient pas de nulle part. Ici le déclic est dû au hasard. Comme souvent. Ce dernier a voulu que leurs deux associations partagent le même local. Il a également voulu que SOS Handicap et Noctambule aient tous deux un président plein d’envies. Geoffray et Aïcha se sont portés volontaires pour écrire ensemble des articles. “Des articles” c’est vague comme termes, et à vrai dire, ils n’en savaient pas plus non plus. Ils avaient carte blanche. Leur premier rendez-vous de rédaction eu lieu un mardi d’octobre durant deux heures au CRIJ.

     Auteurs

Aicha (Noctambule) : Que faites-vous dans SOS handicap précisément ? 
Geoffray (SOS Handicap) : SOS handicap est une association créée en avril 2016. Nous travaillons contre la discrimination envers les personnes en situation de handicap.


A : Tu veux dire qu’elle lutte ?
G : Oui, c’est ça. Nous faisons différentes actions comme de l’aide administrative, de la sensibilisation en milieux scolaire et professionnel ou encore des “rencontres du handicap” : des conférences de personnes influentes dans le milieu du handicap.


A : Dans quelles régions intervenez-vous ?
G : On intervient principalement sur Rennes, mais on peut rediriger les personnes qui nous appellent de toute la France pour avoir de l’aide administrative. Cela dit, on commence à intervenir dans un territoire plus vaste. Dernièrement, on est allé à Angers (49) et à Auray (56).
Et vous, à Noctambule ?


A : Noctambule c’est un média local et indépendant. Local parce qu’il est basé et essaie de parler de Rennes, mais pas que. On touche un peu à tout. Cette année s’est créée l’antenne Noctambule Paris. Ce média est indépendant financièrement. De plus, il essaie de fournir une information transparente. Les rédacteurs ne se voient pas imposer de sujets. Simplement, ils doivent rester dans le respect les uns des autres.

C’est en échangeant sur leurs associations qu’ils se rendirent compte qu’elles partageaient un but en commun : montrer l’invisible, lutter contre le silence. Ils se retrouvèrent donc à co-œuvrer. Elle qui ne vit pas le handicap et lui qui ne vit pas la validité. Mais comment, ensemble, dire ce qui ne l’est pas (ou pas assez) ?

    Contexte:

A : Avant de rencontrer le monde du handicap, je n’imaginais pas tout ce qu’apportait le manque de validité. Peux-tu m’en parler ?
G : C’est pas facile. Pour moi c’est tellement banal que je ne vois pas ce dont je peux te parler. Je sais qu’il y a des choses à dire, mais comme ça, rien ne me vient en tête.


A : Aurais-tu des exemples banals ? Comme celui d’aller prendre un café ?
G : Oui il y a déjà ça, et la “fréquentation” de tous les autres lieux difficiles d’accès. Je ne sais même pas si je peux parler de fréquentation puisque je ne peux pas m’y rendre. Il y a aussi d’autres détails qui dépendent du type de handicap. Il y a certains gestes que je peux faire, mais dont d’autres personne ne sont pas capables. Par exemple : ramasser un objet, manger et tout ce qui va avec, c’est-à-dire faire à manger et faire les courses, s’habiller seul, aller aux toilettes…


A : Lorsque je te dis qu’il y a une différence dans nos quotidiens, je ne l’envisage pas comme un prétexte afin de discriminer l’autre… 
G : Et pourtant cette année le handicap est passé premier dans le classement des causes de discrimination.


A : Ce qui m’a le plus marqué c’est pas tant ce que je n’imaginais pas, c’est ce que j’imaginais. Par exemple, ce mythe qu’on construit autour des relations sociales. Je crois qu’on oublie que vous avez les mêmes désirs que des valides.
G : … Des désirs d’être humain.


A : Il y a un peu ce cliché que vous y renoncez parce que “c’est pas pour vous”, alors que pas du tout. 
G : Quand tu me dis ça, je ne peux m’empêcher de me dire que nos actions de sensibilisation sont utiles. Plus les gens seront informés, moins ils se feront de fausses idées.

    Descriptions:

Cette chronique veut peindre le tableau de notre société. Une œuvre où communiquent deux réalités qui n’en forment qu’une. Dessiner ce que la validité ne soupçonne pas du handicap, et représenter ces injustes a priori. Souligner des différences pour dénoncer une discrimination. Ce travail se veut être plus une fresque collective qu’individuelle. Nous vous encourageons vivement à partager avec nous vos idées, et vos témoignages en commentaire. 

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