Cimetières : penser écolo, même après sa mort

Comme une réponse au défi de la pollution des sols, le cimetière de Souché est le premier cimetière écologique de France

On sait qu’il faut faire attention à ce que l’on mange, car ce qui se retrouve dans nos assiettes s’avère être le principal facteur de pollution actuel. On sait qu’il faut éviter d’utiliser des objets à usage unique, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’objets en plastique. Mais ce que l’on ne sait pas forcément, c’est que l’ont pollue aussi, et plus qu’on ne peut l’imaginer, après notre mort. 

Le problème des cimetières dits « traditionnels »

Dès que survient un décès, la famille du défunt doit acquérir une concession, pour une durée minimum de 5 ans. Il s’agit d’un petit emplacement, comme ceux que l’on peut voir dans tous les cimetières, où sera inhumé le cercueil ou l’urne. Le cercueil a beau être en bois, il est bien souvent verni. L’intérieur peut également être personnalisé avec des coussins, et les poignées fabriquées en différents matériaux non biodégradables. En ajoutant à cela les produits de conservation des corps inclus dans les protocoles de cérémonie, et les habits, rarement biodégradables, les sols se retrouvent pollués de manière assez considérable. Qui plus est, les tombes sont bétonnées et il arrive très souvent que les familles décident de placer un monument pour honorer le défunt. Mais le granit qui est utilisé lors de la production de ces monuments est souvent importé de Chine et n’est pas réutilisable à la fin de la concession. 

Crédit photo : Sharka Oberson / Entrée du cimetière naturel de Souché


Création d’un cimetière écologique

À Niort, dans les Deux-Sèvres, Dominique Bodin alors responsable du service de conservation des cimetières, propose en 2014 le projet d’un cimetière écologique. Très enthousiastes, les élus l’acceptent très vite.

L’actuelle responsable du service, Amanda Clot, a accepté de nous présenter ce cimetière. Pas de caveaux, pas de fleurs artificielles, pas de monuments. La charte est très précise, et pourtant, le terrain ressemble à un véritable havre de paix.

Les défunts sont inhumés dans des cercueils fait de bois brut, habillés avec des vêtements en lin, donc facilement biodégradable dans le temps, ou bien, si le choix de la crémation est fait, dans des urnes, biodégradables également. Les tombes sont uniquement décorées par des fleurs, des petites plantes, au choix des familles, et des petites stèles en calcaire viennent indiquer sobrement les emplacements, dispatchés entre les arbres et les prairies sauvages. « L’idée est d’amener de la vie dans le cimetière » souligne Amanda. Certaines familles choisissent aussi de placer des gros galets décorés ou bien des bois flottés à la place des stèles en calcaire proposées à la base.

Crédit photo : Sharka Oberson/ Sculptures imaginées par Karl GILBERT


 « Tout est possible »

Si pour le moment, seul ce cimetière a une charte aussi stricte au niveau de l’écologie en France, rien n’empêche de suivre ses impératifs dans un cimetière « traditionnel ». Amanda Clot nous rappelle, ou nous apprend, que « à moins qu’il y ait une restriction précise dans le cimetière, l’emplacement de la concession peut être aménagé comme on le souhaite. Si on veut un cercueil simple en bois brut, si on ne veut pas de monument mais plutôt des plantes directement dans la terre, tout est possible. On peut faire quasiment ce que l’on veut. »

La dispersion des cendres dans un endroit naturel est aussi, malgré les rumeurs contradictoires, tout à fait autorisée, à quelques conditions (dans un endroit vaste pas aménagé, pas dans un cours d’eau navigable, …). De plus, d’ici fin 2019, les produits phytosanitaires ne seront plus du tout utilisés dans les cimetières, dont la plupart remplaceront les espaces gravillonnés en espaces enherbés. De quoi redonner de la fraîcheur aux lieux de repos éternel. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *