Le foot français se cherche un guide… le Stade Rennais montre la voie.


Ainsi, au soir du 14 mars la saison européenne du football français s’achève officiellement après la frustrante défaite du Stade Rennais face à arsenal ( 3-0 ), dans un Emirates Stadium chauffé par les 6000 supporters bretons venues soutenir la dernière équipe française encore en lice. La fin d’un parcours aussi inattendu que plaisant d’un club jusqu’à présent habitué à l’échec en phase de poules


Rêver plus grand !

En année de victoire en Coupe du Monde, on pouvait s’attendre à un vent frais sur le  football de club français. Il faut bien admettre que cette brise n’est pas venue de là où l’on s’y attendait.

L’espoir d’un beau parcours français en Coupe d’europe résidait naturellement dans le Paris Saint-Germain, mené par sa très jeune star, grand artisan de la victoire russe, Kylian Mbappé et son nouveau Coach Thomas Tuchel, appelé pour reconstruire une équipe traumatisée par les échecs successifs en huitième de finale de Champions League sous Unaï Emery. En cette fin mars, le bilan est tout aussi catastrophique que par le passé pour le club blason de notre championnat. Une défaite incompréhensible à domicile (1-3), contre un Manchester United affaibli et sans idée. Une faillite tant collective qu’individuelle et encore une fois, les millions investis qui partent en fumée, à la dernière minute d’un match pathétique, dans un Parc des Princes sonné.

Pour L’Olympique Lyonnais, deuxième des trois équipes françaises à avoir passé l’obstacle des poules, la marche FC Barcelone était bien trop haute. Malgré un résultat au match Aller plus que correct ( 0-0 ), l’exploit est resté un rêve pour les gones, qui quittent la prestigieuse compétition sur une correction au Camp Nou ( 5-1 ).

Pas la peine de revenir sur les éliminations de Monaco, Bordeaux et Marseille, finaliste l’an passé en Europa League, tous trois sorti sans honneur et sans combat.

Plus de club français en quart de finale européen c’est une première depuis 2011, une triste année donc sur la scène internationale pour un football de club, toujours plus moqué. Cette année partait pourtant d’une victoire historique en coupe du monde. Basée sur des principes de jeu minimalistes, le pragmatisme assumé de Didier Deschamps aura conduit une équipe fondée sur la jeunesse, vers un titre. Un modèle que personne ne sera donc parvenu à suivre, à l’exception de Rennes peut-être.


” (…) Rennes a su saisir sa chance et proposer à son public, des matches accomplis. “

Se donner les raisons d’y croire…

Ainsi, Rennes reste la seule équipe auteure d’un parcours réjouissant. Une aventure basée sur des principes de jeux, simples, clairs et ambitieux : un 4-4-2 resserré, un bloc défensif compact, un jeu de transition directes et rapides vers l’avant permis par une paire de distributeurs dans l’axe du milieu de terrain, André et Grenier. La formule est bonne, se rapproche donc de celle mise en place par Didier Deschamps, à une exception près et pas des moindres, la volonté constante de jouer et d’aller de l’avant même avec l’avantage au score. Ajoutez à cela une outrageuse efficacité et une forte détermination, résultat, des matches ouverts et spectaculaire (9 buts marqués en 3 matches notamment).

Le groupe s’est construit sur une équipe jeune, en partie inexpérimentée sur la scène européenne mais emmené par des leaders techniques, Clément Grenier et Hatem Ben-Arfa, à la relance après des saisons blanches en carrière. Le premier pour cause de blessure, le second suite à une mise à l’écart du groupe professionnel du Paris Saint-Germain, pour manque de rythme et d’investissement.

Le reste du 11 complété par des joueurs habitué de la ligue 1, besogneux et discrets, André et Da Silva notamment, éléments plus que positifs pour la constitution d’un groupe équilibré et sain.

L’équipe a enfin, et surtout, profité d’être prise en main par un jeune entraîneur créatif et intransigeant, attentif à la discipline et tactique et extra-sportive de ses joueurs.

A contrario du PSG et des autres écuries françaises le club breton a donc, avec ses moyens, sans champions du monde dans l’effectif par exemple, réalisé un parcours plus que positif et surtout vaincu les démons d’une histoire récente forgée sur des déceptions. Sans baisser les bras après la remonté du Betis Seville au match aller de 3-1 à 3-3, sans perdre pied après l’ouverture du score rapide d’Arsenal au Roazhon Park, Rennes a su saisir sa chance et proposer à son public, des matches accomplis.

Lutter face aux vents…

Et si la fin du parcours déçoit, un match retour manqué face à Arsenal, une défaite 3 -0 et une équipe rennaise sans envie et sans solution, l’élimination peut malgré tout paraître frustrante tant les vents contraires n’auront cessé de s’intensifier, entre l’annonce du tirage au sort, et la fin du match à l’Emirates Stadium : Inversion du match, annulation de la suspension d’Alexandre Lacazette et des décisions arbitrales contestables. Les regrets sont là, de ne peut-être pas avoir pu défendre ses chances à armes égales.

Le Stade Rennais semble avoir payé un ensemble de rancoeurs accumulées contre le football français ses dernières années et particulièrement contre le Paris SG, dont Olivier Létang, fut l’ancien directeur sportif.

Les ennemis du club de la capitale sont nombreux. Les multiples accusations portées par les lanceurs d’alerte du groupement European Investigative Collaborations emmenés en France par les journalistes de Médiapart et d’envoyé spéciale ont plongé le club dans un climat hostile. Cette politique sportive et économique souvent douteuse et critiquable du champion de France en titre fait sûrement de l’ombre partout en europe au football français, souvent moqué pour la qualité de son championnat domestique, surnommé notamment “farmer’s League“ en Angleterre. Cette année chaque club français a subi en Coupe d’europe son injustice arbitrale, la punition est collective…

… et profiter de l’élan.

Au milieu de cette triste saison pour le football français, le Stade Rennais a donc réuni tous les ingrédients pour fédérer des supporters et une ville autour d’un parcours sportif. Habitué de longue date maintenant à l’échec, en Europe ou dans les coupes domestiques, Rennes a trouvé les ressources pour ne pas baisser les bras et, dans au moins 3 des 4 affiches européennes disputées, se donner des raisons d’y croire, et même, s’offrir le scalpe d’une belle équipe européenne.

Après ce beau parcours, Les rouges et noirs d’Olivier Letang et Julian Stéphan souhaite remettre le couvert et montrer à nouveau, dès la saison prochaine, que la coupe d’europe peut-être une belle fête. Il faudra pour ça accrocher une des places qualificatives, soit par le championnat, soit en glanant une victoire en coupe de France qui ajouterait un très beau point final à cette saison déjà bien réussi. Nul doute que les joueurs croiront cette fois en leurs chances d’accrocher un titre.

Gabriel Brunet-Sanz

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *