Justice et vérité pour Babacar Gueye

On entend “souvent” parler du racisme policier dans les quartiers populaires aux États-Unis et des victimes qu’il fait. On entend beaucoup moins parler de ce phénomène en France, moins médiatisé mais plus proche et plus commun et tout aussi existant.

Rappel des faits :

Un soir de décembre, Babacar part chez des ami·es et reste dormir chez elle·eux. Cette nuit du deux au trois décembre 2015, vers quatre heures du matin, Babacar fait une crise d’angoisse et se mutile. Son ami appelle les pompiers. Nous sommes dans le quartier populaire de Maurepas. Alors que son ami attendait les secours, c’est la police qui arrive : quatre agents de la Police nationale et quatre de la Brigade-Anti-Criminalité armés de taser, de matraques télescopiques et d’armes létales. Pour essayer de calmer Babacar, un policier décide d’utiliser son taser, l’arme s’enraye, s’en suivent des coups de matraque. Une première balle est tirée, puis quatre autres. Babacar reçoit cinq balles dans le corps. Il s’effondre dans la cage d’escalier puis est menotté. Il meurt dans cet immeuble à Maurepas. La police l’a tué. Babacar avait 27 ans. Il était venu du Sénégal après un long parcours d’exil et avait rejoint sa soeur Awa en France.

Aujourd’hui, toujours en lutte :

Ainsi commence le combat d’Awa et celui du Collectif Justice et Vérité pour Babacar qui s’est constitué autour d’elle avec des proches et des soutiens. Depuis la mort de Babacar, il y a 3 ans, des questions et des incompréhensions demeurent. Le jour de sa mort, des policiers – dont celui qui a tiré – portent plainte contre lui. Lels justifient sa mort en invoquant la légitime défense.
Ce que le collectif sait, il l’apprend dans la presse locale à l’occasion de la marche en 2017. L’agent de la Bac qui a tiré les 5 balles a été muté à Saint-Brieuc. Il est actuellement toujours en service, armé.
A l’été 2018, l’instruction judiciaire n’ayant toujours pas évolué et face à l’inefficacité des précédents avocats, Awa Gueye décide de choisir une nouvelle avocate. Grâce à Maître Tenier, de nouveaux éléments d’enquête ont été obtenus auprès de la Juge d’Instruction.

Les objectifs du Collectif

Aujourd’hui, la lutte pour obtenir la vérité continue et ne se limite pas au combat judiciaire. Si Awa et le Collectif Justice et Vérité pour Babacar appellent chaque mois de décembre à se réunir, ces événements publics sont l’occasion de raviver la mémoire collective autour de Babacar, mais aussi de se réunir, de résister ensemble contre l’écrasement des institutions et de la propagande médiatique. C’est aussi l’occasion de dénoncer les violences policières racistes, de se renforcer dans cette longue lutte et de soutenir Awa Gueye, qui réclame depuis trois ans la vérité sur la mort de son frère.
Le Collectif appelle à porter un message politique clair : ce crime n’est ni anodin ni le fruit du hasard. Il est à appréhender comme une illustration du racisme d’État et du rôle de la police dans les quartiers populaires. C’est pour cela que cette année, le Collectif a décidé d’ancrer son événement dans le quartier où Babacar a été tué : Maurepas, quartier populaire où les violences policières, les inégalités raciales et sociales sont vécues quotidiennement.
Un rassemblement commémoratif aura lieu ce samedi 1er décembre à 13h12 au Gast, à Maurepas (Rennes).
 co-écrit avec le Collectif Justice et Vérité pour Babacar Gueye

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