Les antispécistes d’Anonymous for the Voiceless Rennes passent à l’action

Des images d’abattoirs, d’exploitations sur la place publique ; une démarche qui peut paraître violente, voire choquante.

Rennes en septembre, sur la place de la République, là où les passant·e·s affluent, Anonymous for the Voiceless (A.V.) lance sa première action. Ils et elles s’installent silencieusement en carré et en plein milieu, tourné·e·s vers l’extérieur, des images qui glacent le sang. Leur but ? Faire prendre conscience.

Même si l’on croit savoir ce qu’il se passe dans les abattoirs, la confrontation avec l’image est toujours différente. « On ne sait pas tout » nous rappelle la co-gérante d’A.V. Rennes. Il s’agit alors de montrer la vérité sur ce qu’implique réellement un simple morceau de viande, un œuf, ou tout autre produit qui provient de l’exploitation des animaux non-humain·e·s.

La vidéo comme mode opératoire

L’usage de la vidéo permet l’exposition d’un point de vue qui soit le moins médié possible, en réduisant au minimum toute déformation de la réalité sur ces institutions. Le parti pris est de montrer ce que l’on cherche habituellement à cacher aux citoyen·ne·s consommateur·ice·s. Sans jugement, les images attestent d’elles-mêmes.

Ces situations difficilement soutenables se passent systématiquement en périphérie des villes, loin des regards. Bien à l’écart des supermarchés dans lesquels les « produits finis » sont vendus dans les barquettes dont l’esthétique hygiéniste fait ellipse de tous les processus nécessaires pour obtenir l’« aliment ».

“Sans jugement, les images attestent d’elles-mêmes.”

Face à cette situation mise en place par les Anonymous for the Voiceless, les passant·e·s curieux et curieuses se confrontent à des images d’une grande violence. Mais faut-il faire cesser les images et donc ce type d’action ou les violences qui y sont représentées ?

Le fait de montrer une réalité est-il une forme de violence ? Ou est-ce la réalité elle-même qui est offusquante ? Une chose est sûre, le fait d’être indigné·e face à la manière dont est produite notre nourriture indique que quelque chose ne va pas. C’est sur ce terrain que le groupe de militant·e·s souhaite faire réagir.

La confrontation avec les images fait sonner l’alerte aux passant·e·s qui s’arrêtent. À renfort de compassion et d’intuition, l’idée que ce qui se passe sur ces images n’est pas normal apparaît. La réponse émotionnelle vient donner une dimension complémentaire à la réponse rationnelle. Il ne s’agit plus de simplement comprendre que les animaux doivent être abattus pour manger mais de voir qu’ils et elles sont, comme nous autres animaux, doué·e·s d’une grande sensibilité, d’une réelle conscience. Dans le milieu militant animaliste, on parle de « sentience ».

Prendre conscience de la sentience

Selon les Cahiers Antispécistes, revue qui fait référence en terme de pensée sur la question animale, la sentience désigne « le fait que certains êtres ont des perceptions, des émotions, et que par conséquent la plupart d’entre eux et elles ont des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres. ».

Pour les militant·e·s, cette action est différente que celle de tenir un stand d’information ou de faire du tractage avec des flyers de sensibilisation. Ici, les gens qui prennent le temps de s’arrêter sont réellement touché·e·s par la situation actuelle qui défile devant leurs yeux. S’ils et elles prennent vraiment le temps de se confronter aux images de la réalité et veulent échanger, c’est qu’ils et elles sont prêt·e·s à faire leur possible pour que cette situation change. Ces images peuvent être décisives pour la prise de conscience. Lors de la dernière action, plus de 80 rennais·es ont déclaré vouloir approfondir leur réflexion et leurs connaissances pour pouvoir changer leurs habitudes de consommation et s’opposer réellement à l’idéologie spéciste et à la violence qu’elle engendre.

Mégane

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