À l’hôpital de Fougères, restriction de la liberté d’avorter

Au CHU de Fougères, avoir accès à une IVG est désormais très compliqué. Deux des trois gynécologues invoquent leur clause de conscience et le troisième est présent une semaine par mois. De quoi remettre en question la clause de conscience, qui complique pour beaucoup de femmes l’accès à un droit pourtant fondamental

43 ans après sa légalisation, l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est encore un combat pour beaucoup de femmes en France. Pourtant, 33% d’entre elles vont pratiquer une IVG au cours de leur vie. Un acquis social sans cesse remis en cause, notamment après la déclaration du président du Syndicat des gynécologue obstétricien (Syngof), Bertrand de Rochambeau, qui a qualifié l’IVG d’« homicide » pour justifier la clause de conscience. Cette clause permet aux gynécologues de ne pas pratiquer d’avortements s’ils sont contre.

Si l’IVG est censé être un droit pour toutes en France, son accès est de plus en plus difficile, comme au Centre hospitalier de Fougères, où y avoir recours relève du parcours du combattant, faute de praticiens volontaires depuis le départ à la retraite d’un de leurs gynécologues. Sur les trois praticiens de l’hôpital, deux invoquent la clause de conscience et le troisième est présent une semaine par mois seulement à l’hôpital. Une situation dénoncée par le groupe féministe Fougerais, composé de militants d’Alternatives Libertaires et de la France Insoumise, ainsi que d’habitant·e·s de la ville.

« Nous avons eu écho de cette difficulté par des collègues de travail et nous avons décidé d’appeler l’hôpital en nous faisant passer pour une femme qui veut avoir recours à une IVG. La réponse a été glaciale, on nous a dit ne rien pouvoir faire pour
nous », dénonce Hélène Mocquard, membre du groupe féministe.

50 kilomètres pour une IVG

Faute de pouvoir réaliser une IVG à Fougères, il faut se déplacer à Rennes, soit à 50 kilomètres. Bien que quelques rares cars soient mis en place, cela reste toujours compliqué de se déplacer : « Nous avons demandé la mise en place de véhicules qui partent de l’hôpital pour aller à Rennes directement. Ça ne doit pas être aux femmes de prendre les initiatives. Il y a également très peu de gynécologues libéraux·ales sur Fougères » explique Céline, du comité féministe Fougerais.

Le groupe féministe a rencontré le directeur de l’hôpital à plusieurs reprises, pour tenter de trouver des solutions. « Le directeur déplore autant la situation que nous. D’ici novembre, un praticien devrait être recruté pour assurer ce service. » Néanmoins, ce recrutement n’est pas garanti. En attendant, un numéro de téléphone spécifique à été mis en place pour les femmes souhaitant avoir recours à une IVG, afin d’assurer une liaison direct avec le CHU de Rennes.

La clause de conscience, une entrave aux droits des femmes

« Dans quel métier, autre que ceux de la médecine, peut-on refuser de pratiquer quelque chose, surtout dans le service public ? » s’insurge Catherine, habitante de Fougères et également membre du groupe féministe.

L’hôpital de Fougères n’est pas un cas isolé. Dans de nombreuses villes en France, la clause de conscience est invoquée par les praticiens pour refuser de pratiquer une IVG, annihilant ainsi toute revendication des femmes de disposer de leurs corps comme bon leur semble.

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2 réflexions sur “À l’hôpital de Fougères, restriction de la liberté d’avorter

  1. Intolerable, en effet, que le service public tolère cela. Militons pour la suppression de la clause de conscience sur le sujet de l’avortement….. par contre, ne pas justifier tout ça par la distance qui separe Fougères de Rennes !….

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