LA ROUTE DU ROCK ÉDITION ÉTÉ 2018

C’est dans les ruines du fort Saint-Père-en-Poulet que s’est déroulée, comme depuis son lancement en 1991, cette 28ème édition de la Route du Rock.

Ce festival Breton, initié par l’association Rock Tympans, offre depuis ses débuts une programmation exigeante, érudite et axée sur les expériences soniques les plus diverses et pas seulement Rock.

Un festival unique et authentique…

Un point commun entre les différentes éditions : la fidélité à des artistes, aux guitares distordues et la volonté de renouveler les générations et les styles qui s’y succèdent. Bref, la musique comme processus de bouillonnement permanent plutôt que la course au gigantisme de certains festivals (suivez notre regard) ou de faire tourner la cash machine des start-up de l’entertainment. Le but ici n’est clairement pas de faire le
maximum de profit, même s’il faut vivre (le site a une capacité maximum d’accueil de 12 000 personnes) mais plutôt de satisfaire des amateurs, gourmands et curieux, et de partager des émotions musicales et autres si affinités.
C’est cette feuille de route (du rock) qui a lui permis de se démarquer et de se faire une place à part sur un circuit estival de plus en plus encombré. Les plaisirs y sont variés : la programmation d’abord et avant tout, les découvertes pour celleux qui sont prêt·e·s à se laisser surprendre, les diffusions vidéos sur grands écrans aux petits oignons facilitées par un partenariat avec ARTE. On y mange bien, on parfait son érudition grâce aux conférences de Christophe Brault, on navigue dans un fort Saint Père à taille humaine, qui vaut à lui seul le déplacement. Hors les murs, on peut profiter l’après-midi des concerts gratuits sur l’une des plages de Saint Malo. Ils attirent une foule de curieux et de festivaliers acouphènisés de la veille, et, gâteau sous la cerise, une expérience unique, celle de se baigner dans la piscine d’eau de mer de Saint Malo sur un fond de concert, comme cette année avec les très bons Forever Pavot (entre autres).

Mais surtout éclectique

La Route du Rock peut se targuer d’avoir attiré des pointures comme The Cure, Sonic Youth, Massive Attack, Nick Cave ou PJ Harvey, pour ne citer qu’eux. Cette année, c’est Patti Smith qui prenait la tête de l’affiche, offrant à cette édition une des deux seules dates françaises de sa tournée. En plus de son concert le samedi soir, Patti Smith a été invitée à présenter le film « Horses : Patti Smith and her band », réalisé par Steven Sebring, lors d’une projection au cinéma Vauban 2, suivie d’une conférence de Christophe Brault.
La route du rock ne se concentre donc pas que sur de la musique live, mais sur l’univers de la musique en général, comme le montre aussi l’expo photo « Daho l’aime pop », qui s’est exportée en partie à Saint Malo le temps d’un mois, à l’occasion du festival. Le concert qui a le plus marqué cette édition est probablement celui de Phoenix : 14 ans après leur première apparition au festival, les Versaillais ont remis le couvert, offrant un show intense, que ce soit dans des moments saisissants de beauté comme l’interprétation de Playground Love par Thomas Mars (qu’il avait reprise pour la B.O. deThe Virgin Suicide), ou de communion avec la foule conquise par avance comme lors de Lisztomania ou Girlfriend,repris par le public.

Un autre adepte des bains de foule, c’est Charlie Steen, le chanteur des excellents Shame qui, venus défendre leur premier album sorti en janvier dernier, ont offert comme à leur habitude un concert complètement déjanté (de loin le plus mouvementé de cette édition), de ceux dont on ressort lessivé mais heureux. Une confirmation après leur passage incandescent à la collection hiver. Un Etienne Daho grand cru avec un concert très touchant, visuellement excitant. Le sexagénaire, on a du mal à y croire, était porté par ses musiciens qui l’accompagnent depuis 3 tournées et savent sublimer ses tubes et faire corps avec la musique.
On retiendra également les concerts d’Ariel Pink, qui a su prendre le relai de Patti Smith avec brio, pas forcément évident. Le couple de Cabestany, les Liminanas dont on a appris en conférence de presse qu’ils travaillaient sur un album de reprises de Nick Cave. Enfin, la clôture du festival par une Black Madonna très en forme.

On retient déjà la date pour l’été prochain, mais surtout, on pourra savourer la collection hiver du festival dans quelques mois. On en reparlera.

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