Angers-Nantes opéra parviendra-t-il à attirer les non initiés ?

Depuis le 1er janvier 2018 Angers-Nantes opéra compte un nouveau directeur : Alain Surrans.  Ancien directeur de l’opéra de Rennes, il a pris ses fonctions à Nantes et Angers avec une seule idée en tête : il en est assez d’un opéra ouvert seulement à l’élite. Parents et leurs enfants pensent plutôt au cinéma qu’à l’opéra lorsqu’une sortie familiale s’impose, comment changer cela ? Quels sont ses projets et seront-ils suffisants ?

 

Cet élitisme n’est pas nouveau

Un rapide tour historique de l’opéra nous apprend qu’il est d’abord né en Italie. Sous l’impulsion du comte de Bardi dans un premier temps, qui cherchait à bouleverser les codes de la musique de l’époque. Il souhaitait également retrouver l’alliance entre la musique et le théâtre. Ce genre traversera ensuite les frontières pour arriver en France avec notamment Monteverdi ou Lully.

Opéra Garnier à Paris

Cet opéra de l’époque baroque, jusqu’au XIXème siècle est élitiste. C’est indéniable. Comme le dit Michel Lehmann – musicologue et ancien directeur de l’opéra de Toulouse – dans un article d’Aparté en 2012 « Monter un spectacle avait un coût, il fallait payer les musiciens, les chanteurs. C’était une affaire de Cour, un divertissement que les puissants s’offraient à leur guise à l’occasion d’évènements spéciaux, festifs ». Lorsque cet événement s’est exporté en dehors de la cour, les prix restaient trop élevés pour le commun des mortels.

Une question de prix ?

Baisser les prix est-elle la solution alors ? Pas vraiment. Une grande partie des institutions a déjà réalisé ce travail d’accessibilité financière des œuvres (à Nantes la place étudiante est à 3 euros !). C’est un problème culturel selon Lehmann.

Un podcast de France inter « La culture est-elle élitiste » dit : il faut avoir les clés, les codes pour apprécier ces œuvres, ainsi qu’une curiosité qui s’instaure par l’éducation. C’est tout ce problème d’accessibilité culturelle sur lequel travaille Alain Surrans. Et notamment en ce qui concerne la tranche des 25-45 ans.

 

« On dit toujours que l’opéra est élitiste et ne touche que les riches. Ce n’est pas le problème majeur. Le problème majeur, c’est qu’une majorité de parents entre 25 et 45 ans, élevant des enfants, ne viennent pas à l’opéra parce que ce n’est pas une sortie familiale »

 

Dans ce plan d’action beaucoup de projets intéressants : une programmation plus ouverte tout d’abord. « Cendrillon » et Pinnochio sont par exemple à l’affiche des opéras cette année ! Une session « musique du monde » est également en vu. Ou encore le programme « ça va mieux en le chantant » qui propose de chanter du Barbier de Séville ainsi que du Mary Poppins avec le chœur de l’opéra le 17 octobre prochain !

 

Dans le plan d’action on nomme également des changements de plages horaires : plus tardives, plus adaptées aux horaires des salariés. Les réservations se modernisent.

Bref, ces efforts sont prometteurs. Ils ne portent pas encore tout à fait leurs fruits. En assistant aux premières représentations, on se dit que ce n’est pas gagné. Les habitués sont encore très présents mais c’est avec optimisme que nous nous tiendrons au courant de l’avancée du projet.

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