Partir à l’assaut de la rue, pour éviter l’effondrement

Pour beaucoup, cet été 2018 fut l’été de la prise de conscience. Entre canicules, incendies, moussons et inondations partout à travers la planète – France comprise, le nombre de questionnements sur notre empreinte écologique n’a cessé de croître. Une inquiétude générale accrue par la terrible étude climatique parue dernièrement et par la démission à la rentrée de Nicolas Hulot, qui, après de nombreuses compromissions, admettait enfin qu’il n’y avait pas d’écologie possible dans ce gouvernement néo-libéral.

 

Une situation plus que critique

Selon l’avertissement lancé par des chercheurs internationaux dans une nouvelle étude sur le climat (publiée en août dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences), « la civilisation industrielle entraîne notre planète vers un point de rupture qui déboucherait sur un scénario catastrophe irréversible. »
Ainsi, si nous n’empêchons pas immédiatement le système capitaliste de continuer à ravager notre environnement, d’ici quelques dizaines d’années la température globale pourrait monter de 5°C et le niveau de la mer de 25 m (engloutissant toutes les villes côtières et une bonne partie des continents). Même Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a récemment exprimé son inquiétude sur le sujet :  « Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons (…) des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

 

 

Que faire face à la catastrophe qui vient ?

La prise de conscience d’abord, en parler, expliquer aux gens. Analyser la cause : le capitalisme et le mythe de la croissance qui en découle. Puis agir. Les petits gestes, le bio, changer sa manière de consommer, c’est bien, mais ça ne suffit pas (d’ailleurs, tout le monde ne le pourrait pas). L’heure est trop tardive, il faut une action forte, de masse. Que chaque citoyen reprenne son pouvoir politique, celui de bâtir en commun notre société et donc nos vies.
Par le local, par le vote, par le mouvement social, la grève, le blocage, la manifestation, et par toutes les autres opportunités qui s’offriront à nous, réapproprions-nous notre démocratie, et de là, agissons toutes et tous ensemble pour sauver ce qui peut encore l’être… Beaucoup semblent en être arrivés aux même conclusions, et c’est ainsi qu’a émergé l’appel de la marche pour le climat (le 9 septembre), sur les réseaux sociaux puis dans les rues !

 

 

#RiseForClimate, un possible début

La #MarchePourLeClimat, c’est un mouvement mondial, qui a rassemblé plus de 5000 personnes dans les rues de Rennes. L’occasion pour tous de dénoncer clairement le capitalisme comme la cause de l’effondrement imminent de notre civilisation. Mais un mouvement qui semble finalement avoir été récupéré par le pouvoir en place, de Marlène Schiappa à Nathalie Appéré (mairesse de Rennes), qui, malgré leur manque d’action reconnue en faveur de l’environnement, se targuent de voir les citoyens descendre dans les rues pour lutter (contre les politiques qu’elles mènent ?).

Un mouvement dont le flou vient de l’appel, qui se veut « pour le climat », et pas contre toutes les destructions sur la nature. Mais pouvons-nous espérer survivre longtemps sans forêts, ou avec des océans remplis de plastique ? Face à cette transformation d’un mouvement écologiste en un mouvement de lobbying au service de l’industrie des énergies dites « renouvelables » (car pourtant produites avec des matériaux fossiles), des voix se lèvent ! Ainsi, suivant les idées du groupe Deep Green Resistance, un nouvel appel est lancé à marcher à Rennes, mais cette fois pour défendre tout l’environnement. Il est temps de le dire clairement : le capitalisme, et le productivisme sans fin qu’il entraîne, ne sont pas compatibles avec la sauvegarde de notre écosystème. 

 

Les jeunes dans la rue pour l’environnement, notre meilleure chance ?

« Partout dans le monde, les effets du désastre écologique se font sentir de plus en plus violemment. Océans de plastique, phénomènes climatiques extrêmes, épuisement de la biodiversité et des terres arables, migrations climatiques, fonte des glaces et libération de gaz à effet de serre… Ces dernières années, le slogan “Un autre monde est possible” a souvent été entendu. Nous sommes aujourdhui au stade où un autre monde est nécessaire. Il est temps de lutter pour défendre notre écosystème, contre la poursuite de l’industrialisation du monde, contre le productivisme et contre le capitalisme. Si nous allons manifester, ne nous trompons pas de cible : ce ne sont pas les seules industries des combustibles fossiles qui posent problème, mais l’industrialisme en général ! »
Ainsi, ce nouvel appel invite à dire stop au productivisme, à l’industrialisation, à la croissance, à la dette et à tout ce panthéon de nouvelles divinités. Il s’agirait d’affirmer ensemble que nous voulons moins de marché et plus d’humanité, moins de compétition et plus de solidarité, moins de guerre et plus de révolution. Que nous sommes la nature, la vie, les jeunes de ce système trop vieux, et qu’il est temps de reprendre tout ce que les enragés du profit nous ont volé ! Alors allons-y !

 

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