Homme au volant, mort au tournant

Est-ce que nous conduisons avec nos clichés ? Lorsque l’on regarde les attitudes au volant, et les clichés qui circulent, on constate que les femmes sont encore décrédibilisées quant à leur conduite. Pourtant les statistiques sont éloquentes : le vrai danger sur la route, ce sont les hommes. Ce sont eux qui cumulent une énorme majorité des accidents, et des infractions.

 

 

“67% des 13 000 000 de points retirés en 2017 l’ont été à des hommes”

 

C’est un de nombreux ressorts de la masculinité toxique. Certains hommes semblent s’y accrocher envers et contre tout. Les clichés voulant que la conduite des femmes soit plus dangereuses que celle des hommes sont extrêmement faciles à démonter. Trop d’hommes – et sans doute de femmes – refusent encore d’admettre la vérité : nous sommes beaucoup plus dangereux sur la route. Mêlant à la fois ignorance et fierté malsaine, on peut trouver de nombreux internautes qui vont, avant de penser à remettre en question ces vieux schémas, promouvoir ce système de pensée discriminant et fallacieux. Il se trouve que les femmes ont moins d’accident que les hommes. Quand elles en ont, ils sont généralement moins graves, en moyenne.

 

“91,6 % des personnes condamnées pour conduite sans permis sont des hommes – et seulement 8,4 % sont des femmes”

 

L’automobile, la route et la mécanique sont des domaines que nous avons trop longtemps considérés comme masculins. Même si nous sortons progressivement de ces carcans, en 2016 la proportion de femmes à travailler dans le domaine de la mécanique est d’une pour quatre hommes. Il est urgent de renverser les mentalités d’autant plus qu’à tous les niveaux – infractions mineures, majeures et délits -, les hommes causent bien plus d’accidents, tout en continuant pour certains de se cacher derrière des clichés rassurants.

 

Des tentatives d’argumentation émergent parfois, qui ont pour but de distinguer les raisons pour lesquelles hommes et femmes conduisent. Le but est d’ainsi appuyer l’argument voulant que les femmes roulent moins que les hommes, ou qu’elles sont moins nombreuses sur la route. Or, la réalité n’est pas aussi confortable que ça.

 

 

Effectivement, les femmes roulent en moyenne 1200 kilomètres de moins sur une année que les conducteurs masculins. Cela ne suffit pas à expliquer les disparités énormes des statistiques de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière). Un article du Monde nous apprend que selon le ministère de l’intérieur, ce sont 50.9% d’hommes et 49.1% de femmes qui se sont vus décerner le permis de conduire en 2016.

 

C’est dans les infractions les plus graves, voire même les délits que les hommes explosent les scores. 114 810 condamnations pour conduite en état d’ivresse ont été décernées en 2015. Les hommes représentaient 89,1% des infractions. Les chiffres des condamnations pour blessures involontaires sans circonstances aggravantes parlent d’eux-mêmes. 71,8 % des condamnés sont des hommes, contre 28,2% de femmes. Dire en 2018 que les femmes sont un danger pour la route, c’est au mieux de la bêtise. Au pire, c’est une démarche sexiste assumée.

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