Chronique en Écosse – Qu’en est-il de la techno au milieu des Highlands ?

La musique hardcore, membre de la famille plus large de la musique « techno » n’est pas d’écoute et de réputation facile.  Son tempo entêtant en agace plus d’un, pourtant cette forme d’expression musicale a fait son petit bout de chemin en Europe et notamment en Écosse. Impossible alors de ne pas se demander ce qu’est devenue la musique techno dans son pays (presque) natal lorsqu’on s’y rend pour plusieurs mois. Investigations.

Selon la définition d’Emmanuel Grynszpan, auteur de l’article « Naissance et mutation d’une pulsation » (2004) la techno est une « musique de danse électronique et instrumentale fondée sur la répétition régulière de la pulsation ». Pour elle, tout a commencé tranquillement à Détroit aux États-Unis dans les années 1980. Même si ses concepteurs sont généralement des noirs américains, cette ville à l’aspect futuriste a nourri l’imaginaire des artistes, donnant à cette musique des sonorités mélangeant la culture afro-américaine et blanche-européenne.

Jeff Mills – « Planets and stars and futurism and time travel – these types of visions aren’t supposed to come from black guys from Detroit. »

Déjà rejetée à l’époque, elle n’a jamais signé avec de gros labels, réduisant sa portée. Néanmoins, elle a connu son petit succès au point de s’expatrier à l’étranger, et notamment au Royaume Uni. Là bas elle se développe d’une nouvelle manière, de nouveaux sous-genres apparaissent. La musique techno devenant musique techno-jungle, minimaliste…

Heureusement pour les français·e·s, cela ne s’arrête pas là. Dans les années 90, la musique techno commence à avoir sérieusement une mauvaise publicité. Drogue, tapage nocturne… Le gouvernement réprime de plus en plus les lieux de diffusion ainsi que les organisateurs de ces évènements techno. Tant et si bien que la techno s’expatrie en France. C’est également à cette époque que naissent les « raves ». Fêtes entre légalité et illégalité, elles se déroulent dans de nouveaux lieux, évitant ainsi les répressions.

Malgré des tentatives d’interdiction en France également, le genre se développe, devenant de plus en plus « hard ». De la douce jungle on arrive aujourd’hui à la « frenchcore », sous-genre du hardcore qui cherche à mieux intégrer une mélodie au tempo retentissant de la musique.

Enfin, le propos n’étant pas de s’étaler sur les termes techniques et historique, retenons que le genre techno a évolué au cours du temps et des pays qu’il a rencontré. Mais alors, est-ce qu’un français fan de hardcore/ frenchcore peut s’y retrouver en Ecosse ? Qu’en est-il de la techno ici ? Est-elle restée identique à son origine ou s’est-elle également durcit ? La réponse vient tout naturellement des citoyens de ce pays. Se retrouver dans leurs soirées permet de se rendre compte de l’état de la musique techno.

 

Oui la musique techno existe toujours en Ecosse, elle n’a pas disparu en s’expatriant. Malgré tout, plus douce, restée plus « old school » elle a gardé ses sonorités d’antan. Les citoyens français passent pour des fans de « shitty hard music ». Les soirées « jungle » sont très nombreuses dans la ville de Glasgow par exemple et les free party sont également notamment teinté de ce sous-genre de la techno. Malgré quelques DJ plus « hard » la majeure partie du temps, français, nous ne pourrons pas nous empêcher de nous exclamer « too slooow ». 

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