Carnet de Voyage – Survivre en travaillant en Ecosse

Deux Françaises parties en Écosse avec un objectif tout particulier : trouver un travail et rester le plus longtemps possible par leurs propres moyens. Ce n’est pas une mince affaire, croyez-moi. En l’espace d’une semaine, nous avons déjà construit tant et manqué de perdre tant ! Dans ce petit article, je vais m’atteler à vous raconter ce qu’il s’est passé en espérant que ces expériences et surtout échecs vous aideront à réussir vos projets voyage.

DAY ONE : LE NATIONAL INSURANCE NUMBER 

Notre première journée a commencé par un passage au « job center » de Glasgow. Pôle emploi anglais, il peut nous délivrer un « NIN ». Ces trois lettres sont l’abrévation de National Insurance Number, numéro indispensable pour travailler au Royaume-UNI. C’est un numéro d’assurance utilisé pour couvrir nos potentielles bêtises.

 

Pour l’obtenir il faut appeler un numéro qui nous permet de prendre rendez-vous dans l’un des job centers du RU. Sur ce forum (lien ici), tout est très bien expliqué. Normalement, nous aurions dû appeler depuis la France et ainsi avoir un rendez-vous directement en arrivant à Glasgow et ne pas patienter. Seulement, tous les numéros indiqués sur internet ne fonctionnant pas malgré nos appels via un numéro anglais (ils ne répondent pas aux numéros étrangers, il vous faut donc acheter un carte SIM anglaise…), nous n’avons pas pu le faire. Mais cela n’a pas vraiment posé de problème, nous avons obtenu nos rendez-vous maximum une semaine plus tard. Je ne pourrais dire ce qu’il en est pour les autres villes du RU mais à Glasgow, il n’est peut-être pas nécessaire de se mettre la pression pour appeler en avance.

De manière générale, le rendez-vous se passe bien. Faites malgré tout attention à avoir tout ce qu’il faut, c’est à dire : carte d’identité ou passeport, justificatif de domicile, carte vitale… Après, ils ne vous demandent pas trop de justifications et se contentent de poser les questions notées sur leur papiers. J’ai personnellement beaucoup stressé car nous n’avions pas d’adresse fixe à Glasgow. Il m’aura pourtant suffit d’une nuit à l’hôtel et de la facture de celle-ci pour obtenir mon NIN. Presque pas d’inquiétude à avoir donc… jusqu’au Brexit !

OBTENIR UN EMPLOI :

Une fois le rendez-vous fixé, il nous fallait trouver un emploi. Notre challenge initial était de donner nos CV directement aux boutiques qui nous intéressaient. Nous nous sommes donc rendues, motivées, dans les rues de Glasgow. Nos CV prêts en main, l’objectif était de les délivrer au plus de bars, restaurants et magasins possibles. Aventure un peu effrayante au début, il me serait difficile de vous apprendre comment surmonter vos peurs et votre timidité. Malgré tout, j’ai quelques expériences à partager à ce sujet.

La première est que pour oser, il faut commencer. Ce que je veux dire par là est qu’il ne faut pas réfléchir trois heures à ce que vous allez dire en arrivant. Préparez-vous quelques phrases bâteaux (« Hello, I’m looking for a job this summer, do you need staff? ») et foncez. La première fois, vous en ressortirez tremblant, mais vous verrez qu’au bout d’une cinquantaine de bars vous le ferez plus naturellement.

La seconde est de ne pas mettre tous ses efforts dans le centre ville. Malgré quelques bonnes surprises dans des rues excentrées de celui-ci, ce n’est pas là que vous avez le plus de chance. Ou du moins si vous avez un centre-ville aussi animé que celui de Glasgow. Après, gare aussi aux quartiers un peu mal famés ou très peu peuplés. Avec un peu de chance, il existe des quartiers qui ont trouvé un équilibre.

La dernière chose est de prétendre au maximum comprendre ce que vous dit la personne. Faites répéter les choses vraiment essentielles si vous ne les comprenez pas, mais si vous paraissez trop peu sûr de vous dans la langue du pays, c’est une très bonne raison pour ne pas vous rappeler.

Pour vous donner un peu de motivation, avec cette technique nous avons toutes les deux trouvées un essai dans des restaurants différents. Ça va vraiment marcher si vous vous en donnez les moyens et que vous n’abandonnez pas au 20ème refus !

Pensez également à bien préparer votre CV et une lettre de motivation en avance. D’un pays à l’autre les normes sont différentes. Au RU par exemple, votre CV doit être assez développé, alors qu’en France il doit tenir sur une page. De plus, il vous faudra recueillir des « références », c’est-à-dire des noms et contacts d’anciens employeurs ou professeurs d’université que les patrons ici pourraient appeler. C’est essentiel.

UNE AUBERGE PAS CHÈRE :

À journée bien chargée, repos bien mérité ! Pour les deux premières nuits à Glasgow, nous avions réservé une auberge de jeunesse. À moins que vous ayez un camping à proximité et la motivation de dormir en tente, c’est l’option la moins chère que je puisse vous conseiller pour avoir un lieu de vie stable. Malgré tout, si cela ne vous dérange pas d’être des baroudeuses, j’ai encore mieux…

DAY TWO : LE COUCHSURFING 

Tous les amoureux fauchés du voyage ont déjà entendu parler de cette option. Nous en faisons l’expérience ici et en sommes assez satisfaites. Le principe est très avantageux quand l’argent manque. En effet, l’application vous permet de prendre contact avec des citoyens qui acceptent de vous loger GRATUITEMENT. Il suffit de remplir son profil sur l’application de la manière la plus complète possible afin de donner confiance aux interlocuteurs. En effet, cette alternative peut ne pas être très sûre si vous ne faites pas bien attention. Comme partout, des personnes mal intentionnées prennent ce site pour un site de rencontre et vous ne voudrez pas loger chez eux. Pour éviter cela, il vous faut simplement faire attention à ce que la personne hôte ait des « références ».

Les références ce sont de petits commentaires laissés par d’anciens hébergés ou hôtes sur la personne. Si vous avez affaire à quelqu’un avec beaucoup de références (positives !), aucune peur à avoir. Seulement, si un profil est vide de référence, cela peut tout aussi bien être un nouveau compte tout à fait inoffensif, comme un ancien utilisateur obligé de refaire son compte pour faute d’un trop grand nombre de mauvaises références.

Malgré tout, si vous faites bien attention, c’est une superbe alternative. Elle vous permet de rencontrer des gens extraordinaires avec qui vous pourrez échanger sur la « vraie vie » du pays visité (pas celle raconté par les offices du tourisme), de vous améliorer dans la langue voulue, et même de vous faire des amis. Certains d’entre eux sont même devenus des amis sur qui compter, ce qui n’est pas négligeable quand tu es sans maison dans une ville que tu ne connais pas !

SE DÉPLACER À GLASGOW

L’enfer des bus de Glasgow ! Je ne sais pas si prendre le bus est la solution la plus économique que nous aurions pu trouver, mais cette ville est trop étendue pour pouvoir espérer tout faire à pied, à notre plus grand malheur. En effet, le réseau de bus ici est un peu complexe. Il y a plusieurs compagnies de bus différentes. Si vous achetez un ticket d’une compagnie vous ne pourrez pas l’utiliser dans le bus d’une autre compagnie. De plus, certaines compagnies ne nous aident pas beaucoup pour arriver à destination. Par exemple, la compagnie au grand F n’indique pas le prochain arrêt dans le bus. Comptez sur la gentillesse du conducteur pour vous indiquer quand s’arrêter, ou sur votre google map préféré…

La seule chose que je puisse conseiller est que si vous comptez rester dans le centre de Glasgow, ne vous fatiguez pas avec les bus car ils seront plus lents que vos jambes (merci les routes à sens unique et les feux de signalisation partout). Sinon, vous avez des billets à la semaine que vous pouvez utiliser sur tout le réseau si, comme nous, vous vous déplacez beaucoup !

Il y a malgré tout pas mal de stations de location de vélo (type velib à Paris, bicloo à Nantes…). Nous ne nous sommes pas encore trop renseignées sur la question mais c’est peut-être une solution abordable.

DAY THREE : L’HEURE DE L’ESSAI

Le troisième jour de mon arrivée était celui de mon essai dans un restaurant de Glasgow. Je ne vais pas vous apprendre à devenir serveuse, mais quelques petites choses peuvent être utiles à savoir.

D’après notre expérience, pensez à prévoir une tenue noire si vous comptez travailler dans les bars et restaurants. En effet, nos deux employeurs nous ont demandé de venir travailler en croquemort.

Par ailleurs, soyez très vigilant avec votre contrat de travail. Le modèle du Royaume Uni est assez (beaucoup ?) capitaliste. Il est tout à fait commun de se faire payer en espèce, de n’avoir qu’un contrat « oral ». Bien moins sécurisant qu’en France, sachez vous imposer pour éviter les arnaques.

DAY FOUR : MANGER PAS CHER

Je le rappelle, le but est de rester le plus longtemps possible ici en payant le moins cher possible. N’espérez pas gagner votre premier salaire avant au moins deux semaines dans le pays. En attendant il faut pourtant bien se nourrir. Pour cela je suis obligée d’admettre que nous n’avons pas de recette miracle, seulement quelques conseils de bon sens à rappeler.

Entre autre le fait d’acheter des aliments peu chers en assez grande quantité pour en avoir pour plusieurs jours (des pâtes, des boîtes de conserves, du pain en tranche…). Evitez bien sûr d’acheter de la viande si vous n’avez pas de réfrigérateur, ou alors en petite quantité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après il ne reste qu’à économiser au maximum en ne mangeant pas trois bols de céréales tous les matins… Par exemple nous faisons le choix de louper le petit déjeuner et de rester le matin à travailler sur nos ordinateurs pour ne manger que le repas du midi, nous faisant économiser du pain etc.

Malgré tout, faites attention à garder une alimentation assez saine. Achetez quelques fruits, mangez des légumes, ne vous privez pas trop. Il faut savoir prendre soin de son corps pour qu’il soit opérationnel pour les journées chargées qui vous attendent.

DAY FIVE : LES « AGENCIES »

Ce sont les boîtes d’intérims au RU. Comme en France, vous n’avez qu’à vous y rendre avec un CV, à remplir des papiers et ils vous appelleront quand ils auront besoin de monde ! Nous nous sommes renseignées auprès de « Blue Arrow » et « All Staff » : chacune est spécialisée dans un domaine. La seconde, par exemple, vous mènera vers des missions en usine. Bon moyen de trouver un job facilement, mais ça peut être un travail très dur à réaliser sur le plan émotionnel et physique. Renseignez-vous bien pour ne pas postuler n’importe où !

De plus, il faut savoir qu’ils vous demandent d’avoir un compte bancaire a RU. Ils peuvent normalement vous payer par chèque mais j’ai dû personnellement me battre un peu au téléphone pour cela (et on croise les doigts pour que je sois effectivement payée, n’est-ce pas…). Évitez-vous cette peine et renseignez-vous auprès des banques au Royaume Uni et auprès de la vôtre. Je ne pourrais pas vous renseigner moi-même, ne l’ayant pas encore fait pour mon compte.

DAY SIX : POSTULER EN LIGNE 

Beaucoup d’entreprises vous refusent votre CV en magasin pour vous laisser postuler directement en ligne. C’est le cas notamment de toutes les grosses chaînes de magasins (McDonald’s, Starbucks, Costa…). Vous n’avez qu’à créer un compte sur leur site et répondre à leurs questions.

De plus, beaucoup de sites proposent des annonces en ligne (Indeed, Monster, Jobsite…). N’hésitez pas à faire un tour pour trouver des jobs qui pourraient vous intéresser avant même de vous rendre dans le pays.

À savoir malgré tout : postuler en ligne peut prendre un peu de temps. Essayez de vous poser dans un endroit calme pour bien le faire. En effet, certaines chaînes vous posent beaucoup (beaaauuucoup) de questions, ou même de réaliser des tests d’une trentaine de minutes. D’autant plus, qu’en ligne vous n’avez pas l’avantage de pouvoir sortir du lot par votre déplacement, prenez donc bien soin de votre candidature.

DAY SEVEN : ENJOY GLASGOW !

Grâce à vos rencontres couchsurfing, vous commencez à être invités à des soirées, à sortir boire des bières dans des bars… Profitez-en ! Pas tous les soirs bien sûr, il faut garder son énergie pour se faire embaucher le lendemain. Malgré tout, sachez prendre le temps de penser à autre chose, de profiter un peu de vos vacances. Toutes les démarches administratives, les refus, les imprévus peuvent être stressants. Sans une dose de fun, on repart chez soi en pleurant.

Lire aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *