Connaissez-vous le Balsamine de l’Himalaya ?

Introduit en France dans les années 1900 pour son incroyable ténacité et son esthétisme, le Balsamine de l’Himalaya, comme son nom l’indique, est originaire du Népal. En effet, cette plante pousse au bord des lacs au pied des montagnes d’Asie centrale.

De couleur pourpre / blanche, une plante à elle seule peut mesurer jusqu’à 2 mètres. Ce n’est qu’à la moitié du 20ème siècle que son mode de reproduction a commencé à devenir préoccupant.

Une plante mellifère

Le Balsamine de l’Himalaya est agréable à regarder mais a aussi des côtés néfastes, voire catastrophique, sur notre environnement. Celui-ci est mellifère, c’est-à-dire que lors de la période de reproduction, les abeilles préféreront butiner le Balsamine que les autres plantes aux alentours. Cette caractéristique profite à la prolifération du Balsamine mais, en contrepartie, tue les autres espèces locales.

Pour se reproduire, une plante à elle seule peut projeter dans l’air jusqu’à 800 graines germinatives très puissantes. Ces graines voient leur capacité de bouturage augmentée au contact de l’eau ou bien s’accrochent aux insectes / passants pour coloniser plus de terrain. Le Balsamine use d’ingéniosité pour survivre, l’eau lui sert de réseau hydrographique pour coloniser rapidement les berges de rivière et anéantir toute autre espèce indigène typique des zones humides.

L’impact environnemental

Une plante est dite invasive si celle-ci n’évolue pas dans son milieu originel et si sa prolifération nuit aux ou décime les autres espèces locales. Ces « mauvaises » plantes sont nombreuses et méconnues du grand public. Les Renouées Asiatiques et les Jussies sont de très beaux spécimens eux aussi mais tout aussi dévastateurs que le Balsamine.

Jussie à grandes fleurs
Renouées asiatiques

 

 

 

L’importante prolifération du Balsamine affaiblit les berges de rivières sur lesquelles il pousse, accélérant le processus d’érosion du terrain. Ces glissements de terrain entraînent des inondations locales et la destruction du paysage. Heureusement il existe des techniques pour éradiquer ce fléau !

La meilleure période pour tenter une action d’arrachage massif correspond au début de la floraison de la plante, soit mi-juin jusqu’à fin juillet. En 2017, dans le Finistère, on a recensé des sites où se trouvaient jusqu’à 800 pieds de Balsamine !

La façon la plus efficace pour les arracher sur de grande surface est l’arrachage à la faux. En plus petite quantité, un arrachage manuel permet d’extraire la plante en entier ; cette méthode peut paraître longue et décourageante, mais elle garantit l’extraction totale de la plante. Après avoirs arraché les plants, les experts conseillent de les mettre dans des sacs fermés à l’abri de la lumière et hors de zones inondables. Le Balsamine possède une incroyable faculté de régénérescence qui lui permet de se reformer avec une seule bouture, même si celle-ci a été arrachée. Cette faculté est incroyable mais dangereuse: pour vous assurer de la mort de la plante, vous pouvez la sécher, l’incinérer ou, comme dit précédemment, l’évacuer en dehors de toutes zones inondables.

Et ensuite ?

Après avoir effectué ces actions, il est préférable de maintenir une veille sur les secteurs nettoyés afin de prévenir toute repousse éventuelle de la plante. On estime que la reconduction d’une action de lutte pendant une période de deux ans permet de traiter définitivement les sites touchés. Dans le Finistère, à Quimper, certaines associations comme Eau et Rivière – et à l’échelle régionale, Bretagne Vivante – luttent activement contre la destruction totale dûe au Balsamine et à d’autres plantes invasives.

Et pourquoi ne pas accompagner ces luttes contre les plantes invasives par des travaux de renaturalisation des sites affectés avec reboisement à l’aide d’essence locale. Des graines de Balsamine de l’Himalaya, Renouées Asiatiques, Jussies, etc. sont en vente dans de nombreux commerces, et pourtant le risque environnemental est là. Si nous voulons continuer à diversifier et préserver nos espèces locales, gardons un œil sur nos moyens de consommation et sur leurs sources.

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