Crit’air, choix politique ?

L’instauration du système de vignettes anti-pollution Crit’air pour les véhicules circulant à Rennes intra rocade essuie de nombreuses critiques. 

Dès octobre 2018, pour circuler à Rennes en cas d’épisode de pollution de quatre jours et plus, il faudra se munir d’une vignette attestant du niveau de pollution de votre véhicule. La commande se fait sur le site https://www.certificat-air.gouv.fr/, muni d’un certificat d’immatriculation et moyennant la modique somme de 3,62€.
Cette première mesure empêchera la circulation de véhicules construits avant 1997, ceux-ci ne pouvant pas recevoir de vignette. Puis, si le pic de pollution devait durer six jours ou plus, les véhicules de catégories 4 et 5 seraient interdits de circulation à leur tour.
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Des premiers pas encourageants

La mesure s’accompagne d’une réforme du dispositif de transports en commun lors des pics de pollution. La gratuité des bus et métro à partir du troisième jour de forte pollution sera remplacée par un pass pollution. Celui-ci sera disponible à la vente dès le premier jour. Il coûtera 1,50€ et sera valable pour la journée.
En cela, Rennes s’inspire des méthodes mises en œuvre à Paris, Lille, Grenoble et Strasbourg. Les tests tendent à trouver au dispositif une meilleure efficacité que la circulation alternée ; la pollution est réduite d’autant, mais le nombre de véhicules interdits est réduit.  Cependant, il faudra réaliser des mesures propres à l’agglomération rennaise pour établir un constat sur l’efficience réelle d’un tel dispositif.

Les réactions restent mitigées

Ce mode de régulation, dit différencié, est supposé plus juste que la circulation alternée par M. Mirmand (préfet de Bretagne) et M. Couet (président de Rennes Métropole). La mesure est pourtant loin de faire l’unanimité.
Si les mesures restrictives en faveur de l’environnement se sont faites attendre en France, des élus de gauche ont fait remarquer que celle-ci toucherait d’abord les personnes les plus pauvres. Il faudrait l’accompagner d’une gratuité totale des transports en commun pour les élus FI et PG, ou d’une aide nationale à l’acquisition d’un véhicule “propre” pour le Parti Radical. Certaines associations d’automobilistes préféreraient par ailleurs que soient privilégiées des réformes d’infrastructures ou une évolution vers d’autres modes de transport. M. Couet a déclaré demeurer “perplexe” devant ces réactions lors d’une interview au média Maville.
Emmanuel Couet, président de Rennes Métropole et maire de Saint-Jacques-de-la-Lande, aux Champs Libres lors de l’inauguration d’une exposition à l’Espace des sciences.

Comme un souvenir de Diesel Gate

Les politiques de fond, comme le contrôle des véhicules ou la rénovation des infrastructures routières, engagent la responsabilité de l’état et des régions. Cependant, les villes semblent continuer à s’affirmer comme un acteur moteur sur les problématiques environnementales. 
En effet, le secteur des véhicules Diesel avait déjà été ébranlé par la révélation, en 2015, de fraudes massives des constructeurs aux tests d’homologation. Il pâtira certainement de la possibilité d’interdire les véhicules Diesel en ville. 
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Sources : Le Télégramme, Ouest France, France Bleu, Le Monde, Le Point.
Légendes photos :
    Photo vignettes: les véhicules seront classés sur un barême de 1 à 5 selon leurs émissions polluantes. Les véhicules d’avant 1997 ne pourront réclamer de vignette.
    Photo République : Rennes intra-rocade sera interdite à la circulation pour les véhicules les plus polluants, mais le système fait la part belle aux véhicules électriques et fonctionnant au gaz.
    Photo Couet : Le président de Rennes Métropole, un des instigateurs du projet, a répondu aux critiques dans une interview à Maville.

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Une réflexion sur “Crit’air, choix politique ?

  1. la gratuité implique un choix de rendre une offre accessible à tous mais se répercute sur des recettes moindres pour financer cette offre. Il y a des offres culturelles publiques dont la gratuité est compensée par des moyens alloués dans ce but, et des offres non publiques qui sont gratuites (par choix ou par usage) et qui rendent la culture accessible par cette gratuité mais sans toujours avoir les moyens en compensation. le pass culture (tout comme la carte culture) propose une prise en charge du prix daccès à des biens culturels, ce faisant il publicisera que loffre payante et naidera indirectement que cette offre payante. prenons lexemple des radios associatives qui sont déja en partie soutenues par lEtat. Lécoute de ces radios est gratuite. Ce nest pas parce que leur accès est gratuit quelles parviennent à se financer correctement et parfois elles meurent. Loffre culturelle payante, elle, bénéficiera dentrée supplémentaires. Cest donc une vision marchande et payante de la culture qui est soutenue, et du point de vue du « consommateur » cest la même chose. Plutôt que réduire le cout daccès à un bien le pass Culture aurait pu avoir comme objectif de soutenir financièrement lun ou lautre bien, un peu à la manière du crowfunding, ou bien intégrer loffre gratuite en rendant possible une compensation financière

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