Depuis septembre 2017, ça bouge dans le milieu artistique et musical de Rennes.

À l’origine du mouvement, trois hommes passionnés de musique, et une idée, la Mojo Family. Ils venaient tous de milieux différents : Giovanni Leonardi de Sicile, Yram N’michi du Maroc et Kévin Lopin avait grandi en Bretagne. Ils se sont rencontrés grâce à la musique.

Pour eux, la Mojo Family, c’est un concept plus qu’une idée et leur objectif est colossal. Avant tout, ils veulent réunir les artistes. Faire qu’une passion ou une ambition commune rassemble des créativités ou des sensibilités pour aller plus loin ensemble, grâce au réseau formé par la Mojo Family. Provoquer ces rencontres, parfois déterminantes, qui permettent d’aller au bout d’un rêve. Ensuite, donner les moyens de concrétiser des projets, individuels ou collectifs et les rendre réel. L’enregistrement d’un album, la préparation d’une jaquette, la promotion d’un groupe ne sauraient se faire sans matériel de qualité, ni sans des personnes compétentes. Avec la Mojo Family, nos trois hommes espèrent rendre cela plus accessible, par l’entraide et le partage.

 

Yram N’michi, un des chanteurs du groupe.
Justin Nicquevert, maître du son pour la Mojo Family.
À la batterie, Giovanni Leonardi.
Kévin Lopin, au micro également.

 

 

 

 

 

 

 

Enfin – comme s’il était nécessaire d’ajouter une ambition supplémentaire à un édifice déjà bien audacieux – offrir la possibilité à des artistes de vivre le plus possible de leur passion, avec l’opportunité de donner des cours de musique par exemple, d’animer des ateliers, ou simplement en rencontrant des personnes susceptibles de fournir un emploi rémunéré en rapport avec le domaine artistique. Tout cela sans se limiter ni à un genre musical particulier, ni même à un art spécifique. Certes, la musique leur offre aujourd’hui une première base, mais ils espèrent bien parvenir par la suite à réunir des peintres, des écrivains, des danseurs, des acteurs… en bref, des artistes de tous les horizons.

Une passion enfin concrétisée

Il faut dire qu’ils ont déjà toutes les cartes en mains pour se lancer dans l’auto-édition. Avec une salle de répétition bien fournie et un ingénieur du son passionné, Justin Nicquevert, ils ont déjà commencé à produire un groupe de musique, « The Scotch Tape ». Ils enregistrent également les albums de deux autres artistes. Avec sa formation de graphiste, Giovanni imagine les affiches du collectif, les cartes de visite, les jaquettes d’album. Il n’avait jamais réussi à trouver un emploi dans son domaine, et maintenant il peut enfin travailler selon ses rêves. Kévin, quant à lui, s’intéresse tout particulièrement à la création d’événements et à la découverte de nouveaux talents. Lui qui a participé au développement du festival des Arts Sonnés, à Dinan, et au festival des Trans Musicales comme régisseur, nous confie : « ce qui m’éclate le plus c’est de suivre un projet à ses débuts, voir grandir le bébé, faire du concret ». Pour Yram, la musique c’est toute sa vie, « je fais tout le temps de la musique, quand je marche dans la rue le bruit de mes pas c’est de la musique ». Avec cela il a fait une école de commerce, l’ESC Rennes.

Tous trois ne perdent pas le nord, et leur nord porte un nom, qui résonne comme un emblème : la Mojo Family. Le terme « mojo », emprunté aux croyances vaudou, servait à l’origine à désigner une amulette censée apporter la motivation ou la chance, rendre charismatique ; en espérant que le mot aura pour le collectif les mêmes propriétés que l’objet dont il est issu ! La famille est une évidence pour les trois hommes qui voient le collectif comme un lieu de partage et d’entraide, dans la bienveillance. Ces valeurs leur sont très chères car ils ne voient pas la Mojo Family comme un simple label. Plutôt comme une autoédition participative, où chacun pourrait apporter son temps ou sa compétence au collectif, en fonction de ses moyens, et obtenir en retour le soutien et l’aide nécessaire pour aller au bout d’une idée.

Le collectif a connu un départ fulgurant : sur les réseaux sociaux, ils sont déjà suivis par mille cinq cents personnes.  Le groupe qu’ils produisent vient d’obtenir un contrat dans un bar de Rennes et la Mojo Family a déjà commencé à réunir des gens autour de la musique. Tandis que leur rêve prend forme, ils réfléchissent déjà à comment rendre possible ceux des autres.

 

Difficile aujourd’hui de percer dans le milieu musical, à Rennes comme ailleurs. Mais penser cela, n’est-ce pas finalement perdre de vue un objectif plus important ? Nos trois hommes l’ont bien compris. Avec la Mojo Family, ils espèrent devenir des acteurs actifs de la ville de Rennes qui créeraient une émulation artistique et aideraient à ce que la créativité rencontre la créativité, afin que chacun puisse aller plus loin dans son art.

 

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