Quand des desco et autres petits rigolos rejettent l’éducation de Blanquer

Qu’est ce que le vivre-ensemble ? L’École sait-elle préparer les élèves à leur futur rôle de citoyens ? Vendredi dernier, alors que Ouest-France posait la question à J-M Blanquer, c’est une véritable garderie rouge qui a tenté de s’accaparer le débat démocratique (auquel les jeunes renégats n’avaient aucune légitimité !)… Noctambule a mené l’enquête sur ces opposants à la loi Vidal.

Vous vous souvenez probablement du blocage du lycée Chateaubriand en décembre dernier. Ce jour où une cinquantaine de lycéens avaient tenté d’empêcher l’élite estudiantine rennaise d’accéder au précieux savoir d’une laborieuse journée de cours. Ce triste épisode où les manants avaient condamné les entrées par des poubelles, des banderoles et des communistes (ou des lycéens qui en avaient l’air)… Heureusement, face à leur bannière « Chatô Fort contre la Sélection » et aux sirènes de leur musique cosmopolite, nos courageux gardiens de la paix avaient finalement pu intervenir, étranglant un ou deux gauchistes au passage et réquisitionnant leur sono. Puis, c’est avec vaillance que les lycéens et prépas, soulagés de l’emprise des considérations politiques, avaient pu s’élancer pour reprendre le cours habituel de leur journée si odieusement perturbée !

De retour pour vous jouer un mauvais tour

Depuis, malgré le blocage du conseil de l’Université de Rennes 2 sur les attendus de la sélection, on pensait le mouvement contestataire fini et les agitateurs éliminés (en prison, mourants de faim, ou encore renvoyés dans leur pays). Mais pas plus tard que vendredi dernier, le 20 janvier, ces excités ont osé un nouveau coup (nous ne dirons pas « d’éclat ») : l’occupation du rectorat d’académie. C’est cette fois par dizaines qu’ils se ruèrent dans le bâtiment, pour importuner… le personnel d’accueil. Eh oui, le recteur avait quant à lui finement flairé l’escarmouche, et s’était fort justement absenté de son lieu de travail cet après-midi là. Mais les malotrus ne se démontèrent guère, et malgré le fait que les braves agents du service public leur aient répété plusieurs fois l’inutilité de leur action (face à l’inéluctabilité de la sélection), ceux-ci allèrent même jusqu’à s’installer dans le bâtiment. Ainsi, les occupants, en plus d’être malpolis, bloquèrent les portes toute la durée de leur présence, laissant le froid vent d’hiver entrer dans le bâtiment et glacer un personnel aucunement préparé à supporter d’aussi rudes conditions. 

L’invasion par la fanfare des barbares

Mais c’est quand tout semblait au pire dans le rectorat que le cauchemar commença vraiment. Des bruits de tam-tam et des cris de haine s’élevèrent dans les rues voisines : sorti des profondeurs fangeuses de Rennes, loin de la propreté d’un centre ville nouvellement épuré des indésirables, l’enfer était en marche vers le symbole de l’académie rennaise. Et malgré la hardiesse de quelques membres du personnel (qui tentèrent de clore le portail d’entrée au péril de leur vie), la horde déferla dans l’enceinte des murs, amenant avec elle son lot d’ordures… Car une fois encore, les manifestants s’étaient fait voleurs de poubelles, récipients à leur image, qu’ils utilisèrent pour définitivement entraver la fermeture des portes. Annonçant les sombres heures à venir, une banderole rouge et noire fut accrochée à un meuble, pour réclamer plus de « solidarité » en lettres sanglantes. Et c’est dans une désagréable cacophonie, sous la lueur du crépuscule, que les envahisseurs livrèrent enfin leurs revendications à l’assistante du secrétariat général. 

Encore des pauvres qui veulent faire des études, sans pouvoir ni les réussir ni les payer

Si les revendications des manifestants étaient assez claires, elles n’en étaient pas réalistes pour autant. Comme tout le monde le sait (sauf quelques fainéants, cyniques ou extrêmes), le libéralisme ne relève pas de la simple idéologie : les siècles passés ont bien assez témoigné de son efficacité. Par extension, la sélection pour et dans l’université (que met en place la loi Vidal) est donc une indubitable fatalité. Pourtant, c’est l’impossible que les occupants du rectorat avaient décidé d’exiger. Relevons par exemple le retrait de la loi Vidal, ou encore l’augmentation du budget de l’éducation. En effet, les trois milliards nécessaires au bon fonctionnement d’universités françaises ouvertes à tous correspondent précisément au coût de la suppression de l’ISF déjà effectuée par notre bon gouvernement Macron (mais entre mettre tous les pauvres à la fac ou attirer des riches en France, le choix paraît logique). Quelques revendications plus pragmatiques avaient aussi été formulées, telles que la reconnaissance du droit au rassemblement lycéen dans les établissements, et la banalisation des cours pendant les manifestations… On notera ici des revendications prétendant permettre aux étudiants de défendre leur avenir, alors qu’il est évident qu’elles sont le fruit d’esprits fêtards cherchant juste à fuir le sérieux des cours.

L’isolement des perturbateurs et leur purge du rectorat

Si la lecture des dernières lignes vous a laissé un goût amer dans la bouche, à cause de la violence idéologique de ces jeunes qui refusent notre système, rassurez-vous. L’occupation du rectorat fut de courte durée. Malgré les nombreux appels à l’aide lancés par les envahisseurs, qui espéraient probablement l’adhésion populaire à leurs revendications de rêveurs et de paresseux, la grande majorité (pour ne pas dire l’ensemble) de la population rennaise n’en eut rien à faire. Pourquoi aller aider des étudiants à lutter contre l’institutionnalisation de la sélection quand on n’est pas soi-même étudiant ? Il vaut mieux valoriser le travail, dans la vie comme à la fac, et ne pas trop encourager des valeurs comme la « solidarité », qui risqueraient de perturber ce monde dans lequel nous avons la chance de vivre-ensemble ! Ainsi, c’est après une heure d’occupation, que grâce au bon sens des Rennais restés chez eux et à la vaillance de la brigade d’intervention, les trublions furent évacués à grand renfort de coups de matraques et de genoux

« Ni Blanquer ni sélection », mais surtout prétexte à perturbations

Le même jour, parallèlement à cette occupation, Ouest-France et la municipalité de Rennes organisaient les Assises nationales de la citoyenneté et du vivre-ensemble, dans le nouveau centre des congrès de la ville. Dans ce cadre, plusieurs conférences se tenaient du 19 au 20 janvier, avec des interventions d’éminentes personnalités telles que Gattaz (MEDEF), Retailleau (Les Républicains) et même notre cher ministre de l’Éducation (Blanquer), qui avait finalement décommandé sa venue et n’intervenait qu’en vidéo-conférence. Selon les manifestants, c’est d’ailleurs contre cette vidéo-conférence que les collectifs rennais organisaient l’occupation du rectorat, à quelques centaines de mètres de là. C’est ainsi dans la salle de retransmission du débat qu’agirent les odieux personnages, se levant tour à tour pour enchaîner des courses-poursuites dans les gradins avec les agents de sécurité, tout en déclamant leurs inepties habituelles (contre « la tenue d’un débat sur les jeunes où ceux-ci n’étaient pas représentés », ou encore contre « les beaux discours sur l’éducation alors que le gouvernement fait passer la loi Vidal »). Ceux-ci eurent même l‘audace de se réclamer défenseurs de la véritable solidarité, alors qu’ils importunaient tout le public par leurs pitreries ! Mais les spectateurs avisés ne furent pas dupes, et face à l’appel des agitateurs, ils ne répondirent que par des hués et des insultes, puis des acclamations quand ceux-ci furent violemment évacués par la sécurité… Venir interrompre le discours du ministre sur l’éducation et la démocratie, au nom d’un pseudo droit de réponse du peuple, quel culot ! Les bougres auraient été plus avisés de profiter des leçons de leurs dirigeants, au lieu de toujours n’en faire qu’à leur tête.

Des fainéants qui ne comptent malheureusement pas s’en tenir là

Suite à leur évacuation musclée mais légitime (il ne faudrait pas qu’on les laisse empêcher le monde de tourner quand même) par les forces de police, les opposants à la sélection laissèrent entendre leur intention de ne pas s’arrêter en si mauvais chemin. Une prochaine assemblée générale des lycéens et étudiants est ainsi prévue mercredi prochain à 13h à l’université de Rennes 2, pour préparer la journée nationale de grève contre la loi Vidal du 1er février (appel des syndicats enseignants et étudiants). Il est donc fort probable que ceux qui ne sont rien profitent de l’occasion pour semer à nouveau la pagaille dans notre belle ville de Rennes… Méfions-nous d’eux, à trop les laisser parler on risque de se laisser tenter par l’espoir qu’ils cherchent à diffuser. Prévenons nos proches qu’aller les rejoindre mercredi prochain, plus que de refuser la sélection, c’est se laisser entraîner dans le cercle vicieux d’une remise en cause permanente du système. Le monde n’est certes pas parfait, mais ne vaut-t-il pas mieux se contenter de laisser les choses suivre leur cours naturel ? Macron n’a pas été élu pour rien, que diable !

(photographie : Yann Dieuset)

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