Élargissez vos horizons avec l’AIESEC

Pour les étudiants, les expériences à l’étranger sont devenues des atouts énormes, quelle que soit la branche dans laquelle on se spécialise. L’association AIESEC1 permet aux jeunes, étudiants ou non, de partir en stage ou en mission de volontariat à l’étranger. J’ai rencontré Clément, bénévole de l’association, qui nous en dit un peu plus sur son fonctionnement.

 

Noctambule : Tu peux nous présenter ton association, ce qu’elle représente et comment elle agit ?

Clément : L’asso a été créée en 1948, après la seconde guerre mondiale. Des jeunes français se sont réunis avec des étudiants de sept autres pays européens pour éviter que ce genre de conflit mondial se reproduise, et ils se sont demandé, « qu’est-ce qu’on peut faire pour faire durer la paix ? » – dans la même idée que les pays qui ont ensuite créé l’Union Européenne, mais entre étudiants. Ils en sont arrivés à la conclusion que, ce qu’il fallait, c’était une ouverture au monde et le développement des capacités personnelles – parce qu’avant ça, ils considéraient que les jeunes n’exploitaient pas tout leur potentiel.

La notion phare pour l’AIESEC, c’est le leadership. Un leader, c’est quelqu’un qui a conscience de ses capacités et de ses défauts et ceux des gens qui l’entourent, ce qui lui permet d’avoir une cohésion d’équipe et d’orienter ces gens vers un but commun. C’est une qualité qu’on peut améliorer, et celle qu’AIESEC juge primordiale à développer chez les jeunes. Ce qui passe d’abord par une expérience professionnelle ou semi-professionnelle, et aussi par une ouverture au monde grâce à l’immersion dans différentes cultures. Et donc, pour concilier les deux, on offre des expériences à l’étranger ! L’ONU a fixé 17 Objectifs de Développement Durable – éducation, environnement, agriculture raisonnée etc., et étant donné qu’AIESEC est représentée à l’ONU, on s’engage à ce que nos missions de volontariat rentrent participe à l’accomplissement de ces objectifs. Aujourd’hui, on est présents dans 126 pays et, au niveau national dans toutes les métropoles, Paris, lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg…

N : Comment ça se passe, niveau financement ? Qu’est-ce qui est à la charge de ceux qui partent ?

C : L’idée c’est de bénéficier de subventions publiques, du budget participatif mis en place par la fac, par exemple. Mais ce n’est pas notre principale source de financement. L’association a le même mode de fonctionnement dans le monde entier : on fait participer les entreprises et associations qui accueillent les jeunes. Ca peut être compliqué de demander des financements à une petite école ou une asso, mais on peut toujours trouver des solutions pour les impliquer dans notre projet.

On demande aussi une participation aux personnes qui souhaitent partir. Ce qui justifie ces dépenses, ce sont les frais de fonctionnements internes comme dans toutes les asso (impression de flyers, évènements, etc,,.) mais aussi l’accueil des étudiants étrangers que l’on souhaite d’aussi bonne qualité que celui que reçoivent les étudiants qu’on envoie.

N : Combien de personnes partent chaque année, au niveau de Rennes ?

C : Il faut savoir que le comité de Rennes a seulement deux ans, mais l’année dernière, ils ont fait partir quarante personnes, ce qui est plutôt pas mal pour une première année ! Au niveau national, on a envoyé environ 800 personnes à l’étranger en 2016, , ce qui me semble peu au regard du nombre d’étudiants en France qui recherche chaque année à partir à l’étranger. L’essentiel des étudiants part en été mais les placements sont ouverts toute l’année. Au départ, les stages sont vraiment conçus pour être effectués en dehors du cadre scolaire, on n’a même pas besoin d’être étudiant pour partir, parce que l’asso s’adresse à un public de 18 à 30 ans. Mais dans le cas de stage obligatoire, on peut faire en sorte que le stage soit reconnu par l’université. Ils durent entre 3 et 18 mois environ (il est rare que ça aille au-delà) et ils sont rémunérés à hauteur de ce qui est en vigueur dans le pays d’accueil. Le logement et le voyage jusqu’à la destination sont à la charge du stagiaire, mais on peut toujours l’aider à s’organiser. Et puis le gros avantage, c’est la présence d’autres stagiaires et volontaires AIESEC sur place, et des membres de l’association qui nous accompagne pendant notre séjour.

Le système des volontariats est un peu différent : c’est une expérience de 6 à 8 semaines, dans le cadre des objectifs de l’ONU, pour soutenir une asso locale, aider des réfugiés, travailler dans une école, etc. Les frais sont donc de 225€ pour tous les départs depuis la France, en sachant que le logement est pris en charge, généralement dans une famille d’accueil, et que le volontaire est également accompagné sur place toutes les semaines environ. Le transport et la demande de Visa si nécessaire sont à la charge du bénévole, mais on encadre toutes les démarches administratives. Pour l’assurance, on a un partenariat avec un organisme qui s’appelle Chapka, et qui nous permet d’obtenir des tarifs très intéressants.

N : Cool, ça nous fait pas mal d’infos ! Tu nous parles de ton expérience à toi ?

C : Je suis parti l’été dernier parce que j’ai fait une demande pour partir en Erasmus en Italie au semestre prochain, sauf qu’il y a un an j’avais repris l’Italien à la fac, mais j’étais nul, je savais à peine parler ! Ma prof d’Italien était une crème et elle m’a signé le papier comme quoi j’avais le niveau de langue pour partir en Erasmus, mais je n’avais pas vraiment ce niveau, donc je me suis dit qu’il fallait que je parte pendant l’été. J’ai rencontré un représentant de l’AIESEC pendant la Semaine Internationale à Rennes 2, qui m’a convaincu de partir avec eux et aidé pour les démarches (il faut, par exemple, envoyer une vidéo en anglais pour se présenter et faire part de sa motivation à partir). Finalement, tout s’est mis en place et je suis parti le 1er mai de cette année, sachant que je finissais mes partiels le 28 avril, donc ça n’a pas été évident !

N : Donc, ta motivation principale, c’était la langue ?

C : C’était la langue, oui, mais j’avais aussi une deuxième motivation, qui était le fait de bosser dans l’éducation. Ça m’intéressait, et j’avais envie de voir ce que ça pouvait donner dans un contexte un peu plus structuré, plus professionnel. C’est pour ça que j’avais envie d’être assistant de français dans une école. Je suis parti à Turin, dans le nord de l’Italie. J’ai vraiment appris beaucoup de choses sur leur mode de vie et leur système scolaire qui est assez différent du nôtre, je vois mieux les problèmes qu’ils peuvent avoir au niveau de l’éducation. J’encadrais des élèves dans une schola media (l’équivalent du collège) qui avaient entre 11 et 13 ans.

Je suis resté 6 semaines en tout. La vie dans la famille était géniale. Le petit garçon était un de mes élèves d’ailleurs, donc c’était chouette, j’étais avec lui dès le matin, ça me permettait de voir ce dont il avait envie et besoin une fois en classe. Le reste de la famille était ouvert d’esprit, ils voulaient partager et apprendre des choses. La maman parlait un peu français donc on s’apprenait des choses l’un l’autre. Le père m’a même invité à une réunion de son travail sur l’alimentation durable, et j’ai fait plein de découvertes !

N : Quelles compétences tu as tiré de cette expérience, au niveau pro et perso ?

C : Je me suis beaucoup amélioré à la fois en Anglais (pour communiquer avec les autres volontaires, des Brésiliens, des Mexicains, des Indiens…) et en Italien. L’immersion dans une famille c’est le meilleur moyen de s’améliorer, et c’est ça que je valorise à fond avec l’expérience de volontariat, le séjour en famille d’accueil ! C’est aussi pendant mon placement que j’ai appris à cuisiner un peu plus, donc je me suis fait la main sur plusieurs plats italiens. On a connu pire pour démarrer, non ? Au niveau professionnel, étant donné que c’est du volontariat, on ne m’a pas demandé des compétences très approfondies dès le début, j’ai été accompagné : pendant le premier cours, j’ai simplement répondu à des questions des élèves qu’ils avaient préparé à l’avance. J’ai appris au fur et à mesure, mais c’était rassurant d’être accompagné.

Ce que j’ai beaucoup aimé avec l’AIESEC, c’est qu’ils cherchent toujours à avoir un retour sur l’expérience : chaque semaine, je remplissais un questionnaire pour parler de ce qui se passait sur place, les points positifs et négatifs, si je me sentais bien sur place, etc. On est suivis et aidés dès notre arrivée dans le pays parce qu’on nous assigne un buddy qui peut nous faire visiter la ville, nous faire sortir un peu. On découvre différentes façon de faire la fête, c’est rigolo (les Italiens se défendent plutôt bien de ce côté-là, d’ailleurs).

J’ai tellement aimé l’expérience qu’après mon placement, j’ai enchaîné avec un autre volontariat au nord de Venise, pour aider une dame qui accueillait des enfants tout l’été dans une sorte de colonie de vacances. Avec les deux autres volontaires, on s’est retrouvés à devoir déchiffrer ce que disaient (ou criaient) les enfants en Italien, c’était plutôt formateur au niveau linguistique ! Pour ce placement-là, on m’a demandé un peu plus de compétences, vu qu’on était responsables des enfants 24 heures sur 24.

Pour terminer, une petite anecdote à nous raconter ?

Quand je suis arrivé pour mon premier volontariat à Turin, la famille n’était pas encore prête à m’accueillir ! Gros coup de stress donc, puisque je ne l’ai appris qu’en arrivant… C’est le président du comité AIESEC de Turin qui m’a finalement hébergé chez lui, j’étais avec ses parents et son frère avec qui j’ai partagé mes expériences rugbystiques, c’était un chouette famille.  Mais je n’y suis resté que quelques jours avant d’aller rencontrer celle qui allait m’accueillir pour le 6 semaines restantes,…et découvrir qu’ils étaient encore plus chaleureux !

 

Merci à Clément d’avoir pris le temps de répondre à toutes mes questions (et d’avoir pardonné toutes mes digressions pendant l’entrevue !). Si vous êtes intéressé.e pour partir avec l’AIESEC, vous pouvez trouver leur contact à l’Université Rennes 1 ici.

 

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1 Association Internationale des Étudiants en Sciences Économiques et Commerciales – Note : l’’association a gardé son appellation d’origine mais s’est ouverte à tous les cursus universitaires.

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