Les dangers de la pollution atmosphérique

Comme il est agréable de sortir se promener, de prendre le temps de respirer un bon coup et de laisser ses poumons se remplir d’air frais. Pourtant, la pollution atmosphérique peut entraver ce plaisir, et avoir des conséquences bien pire encore.

La promenade en plein air a été déconseillée aux habitants de Londres en 1952 lors du « big smoke». En effet, la ville est alors plongée dans un smog (brume épaisse provenant d’un mélange de plusieurs polluants mais constituée principalement de particules fines et d’ozone) particulièrement dense. Certaines études publiées dans le livre de Micheile L.Bell, Devra L.Davis et Tony Fletcher, A Retrospective Assessment of Mortality from the London Smog Episode of 1952: The Role of Influenza and Pollution évaluent le nombre de morts prématurées dues à cet événement à 12 000. La date marque l’une des premières réelles prises de conscience concernant la pollution atmosphérique.

Mais qu’est-ce que la pollution atmosphérique ?

Selon la loi 96/1236 du 30 décembre 1996 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie (LAURE), la pollution atmosphérique serait « l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et leurs écosystèmes, à influer sur les changements climatique, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives. »

Cependant, on définit plus généralement la pollution atmosphérique comme la présence d’impureté dans l’air. Elle peut provenir de gaz, de vapeurs, de particules liquides ou solides, ou encore de rayonnements. Ainsi, elle peut être autant d’origine naturelle qu’humaine. La qualité de l’air résulte d’un équilibre chimique. Les conditions atmosphériques, mais aussi le milieu, influencent donc la pollution atmosphérique. Celle-ci dépend également du ressenti et des connaissances que l’on en a. En effet, si nous n’avons pas conscience de certaines émissions, ni connaissance de leur impact, leurs quantités ne seront pas prises en compte lors de la mesure de la pollution.

Les conséquences

La pollution atmosphérique a un impact important sur notre santé. En effet, l’OMS (Organisme Mondial de la Santé) estime à 1,3 millions le nombre de personnes qui meurent chaque année des conséquences de la pollution de l’atmosphère. Elle pénètre dans notre organisme par le biais des poumons et a un impact à court et long terme sur l’appareil respiratoire et cardio-vasculaire, ce qui provoque des irritations, augmente l’asthme et de nombreuses autres maladies du type bronchites, mais également des cancers.

Cependant, cette pollution aurait également une influence neurologique et hormonale. En 2016, des chercheurs de Manchester ont trouvé lors de l’étude de tissus cérébraux des nanoparticules toxiques qui auraient une influence sur la maladie d’Alzheimer. Ces particules proviendraient de la pollution dans les villes.

La pollution atmosphérique n’agresse pourtant pas uniquement nos organismes. Elle a également des conséquences sur l’ensemble de l’écosystème. Le dioxyde de soufre et les oxydes d’azote sont à l’origine, par exemple, de pluies acides. Ces dernières agressent les végétaux, menacent la faune et la flore aquatiques et acidifient le sol, changeant ses caractéristiques. D’autres polluants tels que le gaz carbonique participent au réchauffement climatique en contribuant à l’effet de serre. De plus, la pollution atmosphérique a un fort impact sur l’économie. L’OMS estime son coût à 1 400 milliards d’euros en Europe. Non seulement, les frais de santé sont élevés mais il semble évident qu’il est nécessaire d’agir. Or, la recherche, la prévention, mais également les solutions misent en place ne sont malheureusement pas gratuites.

Respirer un air de qualité : un droit !

Respirer un air de qualité constitue un droit. En effet, la LAURE établit « le droit reconnu à chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». Ainsi, elle tend « à prévenir, à surveiller, à réduire ou à supprimer les pollutions atmosphériques ». Par ailleurs, il existe de nombreux sites relatant de la qualité de l’air. Comme par exemple http://www2.prevair.org/. Ainsi, il est permis à chacun de connaître le niveau de pollution atmosphérique de la ville dans laquelle ont vit.
Cependant, il est difficile de quantifier la pollution atmosphérique. Non seulement parce que celle-ci dépend donc de la connaissance que l’on en a, mais également parce que sa mesure s’avère difficile. La pollution est en grande partie due à l’émission de particules de différentes tailles. Malheureusement nous sommes uniquement capable de détecter les plus grosses (nommées PM10), qui ne sont pas forcément les plus dangereuses, ce qui rend les mesures peu fiables. (Notons que le site précédemment cité ne s’appuie que sur la mesure des PM10.)

Le problème des pays en développement

S’il existe en Europe des limitations concernant la pollution atmosphérique, ainsi qu’un contrôle et une mise en lumière importante, ce n’est pas forcément le cas dans les pays en développement. Par ailleurs, l’OMS estime que près de 70% de la population urbaine dans le monde seraient exposés à des niveaux de pollution supérieurs aux limites sanitaires recommandées. Or, l’air ne connaît pas les frontières. Ainsi les émissions ayant lieu là-bas nous influent aussi (dans une moindre mesure, évidemment).

La croissance de ces pays risque d’aboutir à des émissions importantes de polluants, tant par l’industrialisation des pays et la nécessité d’eau potable que par la production d’énergie, notamment avec les centrales thermiques à fuel, gaz ou charbon. Cependant, ces pays semblent prêts à investir et évoluer avec des énergies plus respectueuse de l’environnement. Si toutes les grandes puissances comme les plus petites nations décident de tendre vers cette même décision, peut-être respirerons-nous tous un peu mieux d’ici quelques années.

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