Changer le monde commence dans l’assiette

Le collectif Food not bombs Rennes fête sa première année d’existence. L’occasion de faire le point sur leurs actions passées et à venir.

Le week-end dernier (4 et 5 novembre) comme chaque premier weekend du mois depuis un an, le Food not bombs Rennes s’est mis en mouvement. Le collectif récupère des fruits et légumes invendus du marché des Lices le samedi. Il les transforme ensuite pour les distribuer à tous gratuitement, le dimanche soir, place Sainte Anne. Retour sur le weekend du collectif rennais, placé sous le signe du partage, du lien social et de l’anti-gaspillage.

Food not quoi ?

L’origine du Food not bombs (« De la bouffe, pas des bombes ») remonte aux années 80 à Boston. À l’époque, des militants antimilitaristes et opposés à la société de consommation créent un collectif pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Leur objectif est de récupérer des denrées végétales encore comestibles mais sur le point d’être jetées, pour les distribuer gratuitement. Depuis plus de trente ans, des groupes similaires, locaux et autogérés sont apparus dans différentes villes d’une soixantaine de pays à travers le monde. À Rennes, c’est en novembre 2016 que l’aventure commence. Quatre personnes créent le collectif. Un an plus tard, le noyau dur du groupe est composé d’une douzaine de membres. Il mobilise même un réseau d’environ 150 personnes, qui aident à l’occasion de leurs disponibilités.

Le week-end dernier, ils étaient une trentaine de mobilisés pour leur événement mensuel.

« Samedi : récup, dimanche : cuisine et distrib »

Samedi en début d’après midi, une dizaine de personnes se donnent rendez-vous place des lices. La première étape du week-end consiste à récupérer des fruits et légumes invendus en fin de marché. « Parfois ce sont des aliments destinés à être jetés, parfois des commerçants en laissent volontairement à disposition. » Détaille Brenna, qui fait partie du collectif.

Dimanche, de 11h à 18h, c’est l’étape cuisine. Cette fois, ils sont vingt à se retrouver chez l’un des bénévoles, Jo’, pour cuisiner ensemble. « on fait le bilan de ce que l’on a récupéré la veille, et on décide du menu en fonction » précise Ben, un habitué du « food », présent depuis la création du collectif rennais. Le résultat donne l’eau à la bouche : salades, pizzas, risotto, tajine de légumes, fondue de poireaux, légumes rôtis, desserts à la mangue, moelleux à la pêche, cake à la banane, gâteau potiron et chocolat …

 

Une fois la préparation terminée, place à l’installation du repas partagé. À partir de 19h, les membres du collectif acheminent les plats préparés et du matériel sur la place Sainte Anne. L’organisation est rodée. Les piles d’assiettes et de couverts sont posées sur les tables et un barnum est monté. Des bacs d’eau sont disposés pour faire la vaisselle au fur et à mesure. La distribution des repas peut commencer. Le buffet est gratuit et ouvert à tous. Une cagnotte permet à ceux qui le souhaitent de participer aux futurs achats de denrées sèches et condiments introuvables en fin de marché. On trouve aussi des tracts et de la documentation militante, sur le veganisme notamment, mais pas seulement. Les membres du collectif appartiennent au mouvement freegan. Ils se disent anarchistes et solidaires de toutes luttes contre les discriminations et oppressions (fascisme, racisme, sexisme, homophobie, transphobie, islamophobie, antisémitisme, etc…).

Le repas partagé dure toute la soirée et est un véritable moment d’échange entre les personnes présentes. Les sujets de discussion sont nombreux. Une guitare est même de sortie : des amateurs de chant s’en rapprochent pour participer au concert et digérer en musique. Malgré la pluie, une cinquantaine de personnes ont mangé ensemble dimanche soir. « On sert en moyenne plus d’une centaine d’assiettes », indique Brenna, enthousiaste. « On en a même compté 180 une fois », appuie Ben.

Un réseau solidaire

À chaque « food », le collectif s’associe à Gamelles Pleines. L’association lutte contre l’exclusion sociale des personnes précaires en proposant notamment de la nourriture pour leurs chiens. Le Food not bombs participe également à des événements en partenariat avec d’autres associations ou collectifs. Au cours de l’année il a par exemple participé à la fête des possibles en septembre ou cuisiné pour les migrants installés l’année dernière à la Poterie. Le collectif se joint aussi à la maison des citoyens qui met en place des salons de coiffure éphémères et solidaires place de la République. Le prochain se tiendra le 3 décembre de 14h à 18h. C’est également la date prévue pour le « food » de décembre. Le Food not bombs Rennes prévoit de mettre les petits plats dans les grands. Pour les membres, les deux événements qui se chevauchent sont l’occasion de fêter l’anniversaire du collectif. Ils espèrent même faire venir des groupes de danse et de musique en guise de surprise du chef !

 

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