Législatives : Le Parti Animaliste tisse sa toile à Rennes

Parmi les 17 partis de la deuxième circonscription de Rennes en lice pour les législatives, on trouve le parti animaliste. Cette jeune formation officiellement lancée en novembre 2016 se présente dans 147 des 577 circonscriptions. Avec un objectif : politiser la question animale.

C’est le sourire aux lèvres que Jeanne Richomme, 20 ans, candidate du parti animaliste, évoque sa première expérience politique : « Cela fait vraiment trois ans que je suis engagée dans la cause animale. J’ai d’abord commencé par être graphiste bénévole pour le parti mais lorsqu’ils m’ont proposé d’être candidate j’ai directement accepté.» La jeune candidate est étudiante en multimédia et s’indigne du sort infligé aux animaux : Il n’y a pas une chose qui me révolte plus qu’une autre dans le mauvais traitement des animaux mais la fourrure me dégoûte particulièrement. Comment peut on tuer des animaux pour se vêtir alors que des imitations sont possibles ? »

Une prise de conscience

Le programme de ce parti monothématique est désireux d’accorder davantage de droits et de protections aux animaux. Ces derniers sont reconnus comme être sensibles depuis février 2016 et non plus comme des biens meubles. La charte des valeurs explique que les animaux sont des : « êtres doués d’une volonté et d’intérêts propres, sensibles et conscients.»

Interdiction de la corrida, du gavage d’oie, création d’un ministère de défense animale ou encore suppression de la notion «espèces nuisibles» sont au programme. Le parti prévoit également la réduction de 25% de la consommation de viande d’ici 2025. Le projet gravite autour de plusieurs enjeux : les animaux d’élevages, de compagnies sauvages, le droit animal ou encore l’expérimentation. .«Ca me parait tellement naturel de lutter contre la souffrance animale c’est simplement le respect de la vie. je trouve ça révoltant de se dire qu’il y’a des gens qui ne s’en préoccupent pas. Je veux que ca change au niveau sociétal. .» ajoute Jeanne. Sortir d’une vision ethnocentrée c’est la volonté des animalistes.

«Au second tour, nous ne donnerons aucune consigne de votes on ne veut pas se placer sur l’échiquier politique. On ne se considère ni de droite ni de gauche. Les personnes qui votent pour nous c’est avant tout pour les animaux.»explique la jeune candidate.

Un enjeu de société

Le parti animaliste reste encore très méconnu, c’est la première fois que ce nouveau-né participe à une élection : « Lorsque je parle du parti autour de moi les réactions sont parfois très différentes. Il y’a d’abord les personnes qui ne connaissent pas et sont très étonnées qu’un parti soit créé spécialement pour les animaux. On me dit souvent qu’il y’a des choses plus importantes que la cause animale. Alors qu’on peut très bien se battre pour plusieurs causes à la fois. Se battre pour les animaux n’empêche pas de lutter contre la famine par exemple.» explique Jeanne. Actuellement le parti revendique 1200 adhérents et la somme des dons et d’adhésion s’élévent à 70 000 euros Les animalistes ont reçu le soutien de nombreux militants tels que Corine Pelluchon auteure de «Politiser la question animaliste : politiser la question animale» ou encore le journaliste Aymeric Caron.

Si les initiatives des défenseurs des animaux se multiplient, les réponses politiques sont encore faibles. Pourtant 80% des électeurs se disent préoccupés par la défense des animaux (sondage IFOP). Une considération non négligeable notamment après la diffusion d’images dépeignant des scènes d’horreur dans les abattoirs par l’association L214.

Mais la cause animale ne se présente pas encore être un enjeu majeur pour les partis traditionnels. Le collectif Animal Politique a proposé aux candidats de signer un manifeste qui réunit 30 propositions concrètes pour les animaux. Permettant ainsi aux électeurs de connaître la position des candidats sur le sujet. Si aux élections présidentielles, Mélenchon avait défendu la réduction des protéines carnées, ou dénoncé l’élevage intensif il ne s’était pas opposé à des pratiques barbares comme la corrida.

L’enjeu des législatives pour les animalistes c’est de mobiliser un électorat. Permettant ainsi de démontrer aux grands partis qu’il s’agit d’une réelle considération sociétale. «On sait qu’on ne gagnera pas les élections. Mais atteindre les 1% ce serait déjà bien.» sourit Jeanne. Ce taux permettrait en effet au parti de pouvoir prétendre à un financement public.

Le parti animaliste s’inspire de la formation néerlandaise «Parti pour les animaux». Il s’agit depuis les élections de 2014 du premier parti antispéciste présent au parlement européen avec cinq députés dont 1 euro-député. Une situation qui sonne comme un espoir pour le parti animaliste français qui vise après cette élection les européennes. Jeanne Richomme quant à elle, compte bien continuer à s’engager en faveur de la cause animal en continuant de militer.

candidats de la deuxième circonscription de Rennes : Gaëlle Andro (PS), Laëtitia Claudic (divers droite), Daniel Cueff (2e(s) voix), Florence Defrance (LO), Evelyne Forcioli (PCF), Louis Fricker (La France Insoumise), Guillaume Hardy (Ekkitab), Lucile Koch (EELV), Denis Lemercier (UPR), Laurence Maillart-Méhaignerie (LREM), Julien Masson (FN), Guillaume Monrocq (Les Écologistes), Yves Picard (Parti pirate), Bertrand Plouvier (LR-UDI), Yann Réminiac (Parti breton), Jeanne Richomme (Parti animaliste), Christophe Rouyer (Parti démocrate chrétien).

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