Le sommeil aux yeux de la société

Le sommeil est semblable à une femme pleine de tendresse contre laquelle on vient s’allonger. Il nous prend dans ses bras, nous embrasse, puis nous plonge dans un monde dont on ne connaît presque rien. Et s’il est bon, il est capable de bien des choses. Pourtant, pour bien des gens, il demeure une effroyable créature.

Les recherches sur le sommeil sont plutôt récentes. Alors qu’il occupe plus d’un tiers de notre vie, celui-ci a longtemps été dénigré. On le considère parfois comme étant quelque chose qui ne sert à rien. C’est un sujet sur lequel il reste beaucoup à découvrir, la preuve étant que la première enquête publique sur le sujet en France date de 2008. On en connaît quand même quelques bases. Nous n’allons pas développer le fonctionnement du sommeil dans cet article, nous tâcherons seulement de rappeler l’essentiel. Il existe deux grand types de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal (également appelé sommeil REM) marqué par des mouvements oculaires rapides. C’est dans ce dernier que nous rêvons. Notre nuit est divisée en de multiples cycles dont le nombre décroît au fur et à mesure des années. Ces cycles sont dirigés par nos horloges biologiques.

Ce que le sommeil nous apporte

Il est difficile de dire ce que le sommeil nous apporte réellement. En effet, lorsqu’on se penche sur la littérature scientifique, on se rend vite compte que ses savants et leurs expériences se contredisent les uns les autres. Mais il faut les excuser, nous sommes encore loin de tout connaître à propos du sommeil. Et peut-être, justement, nous manque-t-il surtout ces petits éléments qui permettent de comprendre, et d’associer nos connaissances les unes aux autres ?

Cependant un certain nombre de fonctions semblent quand même lui être attribuées : Il aurait un rôle important dans les capacités intellectuelles, la mémoire, le traitement des informations, la récupération (physique et mentale), la santé psychique, et même la santé publique (par exemple – et ceci n’est pas nouveau – la somnolence augmente le risque d’accidents…).

Le problème du rapport de notre société au sommeil

Nous l’avons dit plus haut, notre sommeil a longtemps été dénigré… Et c’est toujours le cas ! Outre le fait que le sommeil peut avoir des connotations négatives, car il peut être associé à la notion de paresse (celle-ci serait une perte de temps, et ne servirait à rien), il est parfois vu comme un frein dans cette course pour une vie meilleure.

Alors que certains se retrouvent obligés de travailler à des horaires qui ne leur correspondent pas, à se coucher plus tard qu’il ne faudrait, à se lever plus tôt qu’ils ne désireraient, d’autres s’infligent eux-mêmes ces mauvais traitements. En effet, dans l’étude mentionnée précédemment, 74% des sondé·e·s affirment regarder fréquemment la télé avant d’aller dormir.

Les écrans, et les avancées technologiques semblent eux-aussi nous éloigner du bon sommeil. Alors que les lumières bleues des uns nous empêchent de ressentir la fatigue (et donc d’écouter nos horloges internes), les autres viennent perturber nos nuit de multiples manières. Tout cela engendre souvent un manque de sommeil accru mais aussi un dérèglement de notre horloge biologique que l’on vient encore matraquer à coup de somnifère.

De plus, selon l’INPES, 71% des 25-45 ans auraient un sommeil insuffisant. Le nombre de personne souffrant de dépression en France est d’une personne sur cinq. Sûrement existe-t-il une corrélation entre ces nombres. Mais comment en être sûr ? En effet l’étude du sommeil, comme le traitement des maladies psychiques sont deux domaines plutôt récents ; et encore trop méconnus.

Comment s’assurer que ces deux troubles n’étaient pas déjà présents il y a quelques siècles ? En tout cas une chose reste sûre : c’est que nous dormons moins qu’il y a quelques années. D’après l’enquête INPES/BVA de 2007 nous dormons en moyenne 1h30 de moins qu’il y a cinquante ans. Parallèlement, l’OMS indiquait en 2015 que le taux de dépression avait augmenté de 18% durant les 10 années précédentes. La corrélation entre dépression et manque de sommeil semble belle et bien réelle. Et cela est dommage puisque l’un peut entraîner ou accentuer l’autre. C’est un cercle vicieux qui se forme alors.

Et si on faisait la paix avec notre sommeil ?

Pour aller plus loin : une vidéo de Datagueule qui explore l’influence du sommeil sur notre santé et notre quotidien.

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Image de couverture : Aïcha Kqiku

 

 

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