Là où le vent souffle..

.. aka « Marine lâche nous la grappe»

FN, bilinguisme, et cultures régionales

Depuis tout petit, je parle breton. Une sorte de demi choix fait à ma place dès l’année précédant la petite section de maternelle. Un choix placé dans mes mains, ma bouche, et mon coeur, pour que j’en fasse après ce que bon me semblera. Cet élément n’a pas joué, lorsque j’ai du commencer à me questionner sur la politique du pays dans lequel je vis. Il a primé. Pour autant, le sort institutionnel de ma culture était bien vite réglé, en ces élections. De la gauche radicale de la France Insoumise à l’extrême droite du Front National, pas un.e seule ne se préoccupait du sort de ma langue, et de ma culture. Le breton et le gallo, ont été classées dans la catégorie des langues « sérieusement en danger » par l’UNESCO, mais les politicien.ne.s n’en ont visiblement rien à faire.

 

  • Appels du pied..

 

Quelle ne fût pas ma surprise, quand j’entendais que le 8 Avril la présidente du Front National avait déclaré aux Corses que leur culture locale, et la République étaient compatibles. C’est bien évidemment l’inverse de ce que tou.te.s les politicien.ne.s répètent sur ma langu

Caricature du positionnement aléatoire du Front National sur les cultures régionales. Ce dessin est la propriété de Liepsna.

e –ainsi que sur la langue et culture corse – depuis que j’ai été en age de zyeuter un journal télévisé. Je découvris assez jeune (plus que je ne le suis actuellement) que pour Marine Le Pen « le bilinguisme affiché est une honte ». C’est entre autres ce qu’on peut l’entendre dire lorsqu’elle s’aventure à parler de la signalétique bilingue que l’on trouve par chez nous.  

L’idée qui voudrait que l’on grandisse loin de la République lorsque l’on berce dans plusieurs cultures est pleinement erronée. Ce ne fut pas simple, ni évident, mais j’ai pu acquérir quelque raisons pour lesquelles je suis content d’être français. Elles sont autres que le fait d’être simplement né dans un pays moins pire que les autres et que l’on voudrait démocratique. Je suis sur que si l’on m’avais martelé que je devais être français pour la nation, je me serais empressé de la rejeter. Hors de question d’écouter par conséquent une candidate qui propose une nationalité française exclusive, sauf quand ça l’arrange.

 

 

 

Jean Marie Le Pen s’en prenait fut un temps aux indépendantistes corses, et ce, frontalement. Aujourd’hui, le parti d’extrême droite qui a ajouté Fiamma Corsa au nom générique est le seul ayant effectué cette démarche. Marine Le Pen parle aujourd’hui de peuple corse, une notion qui est juridiquement très contestée, puisque cela distinguerant ledit peuple corse du peuple français. Une notion que le FN devrait être le premier à critiquer donc, au vu de sa virulence systématique sur la question.

                                                               

La Bretagne, elle, ne semble pas mériter le même sort. Ne tombons pas dans un éventuel spectre de jalousie régionaliste, nous tâcherons plutôt de noter une certaine schizophrénie dans le discours du FN. Mais à quel but ? On n’envisage pas le FN proposer une autonomie de la Corse, encore moins une sous tutelle de Bruxelles comme le souhaitait le président de l’Assemblée Corse, il y a une dizaine d’années.[1]. Est-ce donc un poignard dans le dos qui attend les électeurs corses si jamais le parti d’extrême venait à battre Emmanuel Macron au 2nd tour ? Le Front National ne peut ni trahir son discours (et toute son arrière garde) identitaire, ni se mettre ses électeurs Corses à dos.

 

 

  • .. et crises d’identitéS

 

Je n’aime pas beaucoup qu’un parti n’ayant pas encore trouvé sa stabilité entre le négationnisme, les discriminations, les positionnements retrogrades, et tout ce qu’il prétend incarner ; retour du pouvoir au peuple, un renouveau politique, un parti apaisé. Je dis souvent que les médias sont partiellement responsables de la montée de ce parti, et je le pense. Il y avait tant à dédiaboliser, que des gens y ont cru. L’extrême droite continuera de prétendre que ses placards sont solidements scellés, maintenant qu’une partie de militant.e.s ont rejoint les rangs pour clâmer naivement que la candidate FN n’est pas comme son père. Et ses responsables continueront de s’affichers avec des mouvances royalistes, fascistes, quand elles ne sont pas négationnistes et supprématistes. [2]

 

Parce que le Front National qui discourt sur l’identité, on dirait un psychopathe récidiviste qui essaie de vous montrer à quoi ressemble la stabilité. Le FN est un parti politique qui joue sur la confusion. Cofondé par un ancien SS, il a depuis tenté de ranger les squelettes de son placard à travers la fameuse politique de dédiabolisation. Le degré de sincérité dans cette démarche est à vrai dire anecdotique. Il fallait brasser plus large, aller chasser sur les terres de la droite, les personnes qui pouvaient encore être convaincues par les phrases choc et le semblant de programe du Front National.

 

Il fallait, en même temps jouer l’équilibriste pour conserver la base identitaire du parti. Les liens de l’extrême droite avec des organisation telles que Lys Noir, le Gud et bien d’autres, ne font aujourd’hui plus de doutes depuis belle lurette. Le positionnement du FN est bel et bien une suite de voltes faces sur des sujets qui au final ne le concernent pas.

 

Dans les années 1900, étaient recensé.e.s plus d’un million de bretonnant.e.s, s’il n’en reste qu’un quart aujourd’hui, ce n’est pas que parce que ma langue est une langue de grand mères, mais parce qu’on a voulu faire croire qu’il n’y avait qu’une identité compatible à la République. Qu’après ça, le FN souhaite encore s’attaquer à certaines cultures régionales, ne m’étonne plus. Mais que lui ne s’étonne pas de l’accueil qui lui sera réservé.

 

Mais quelle est donc cette France qui exècre la différence.. à l’intérieur comme à l’extérieur ? Mon identité, elle est plurielle, elle est sauvage, elle est constante mais aussi changeante. En tout cas..  « mon identité ne sera jamais nationale ».

 

 

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[1] https://www.youtube.com/watch?v=riD3_UIysmQ à partir de 3:30 jusque fin de l’extrait (uniquement).

 

[2] http://alpernalain.blogspot.fr/2013/09/on-ne-pourra-plus-dire-je-ne-savais-pas.html

 

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