La Suisse dit oui à l’écologie

Dimanche 21 mai, le peuple Suisse a décidé de sortir du nucléaire. Cette décision écologique est prise par 58.2% des votants. Dans ce pays voisin, tous les citoyens ont le droit à la parole politique.

La nouvelle Stratégie Énergétique 2050 a été adoptée par référendum. Les électeurs suisses se sont exprimés en faveur d’une nouvelle politique écologique. Celle-ci propose trois axes de travail : la consommation et l’efficacité, les sources d’énergie renouvelable et la sortie du nucléaire. Les mesures adoptées concernent différents aspects de la société. Pour les ménages, des subventions pour l’assainissement des maisons continuent d’être proposées. La taxe sur l’énergie est augmentée. Elle représentera une dépense supplémentaire d’environ 40 CHF (soit 36.6€) par an pour un ménage de quatre personnes. Elle sert à financer les énergies hydrauliques, éoliennes, solaires et issues de la biomasse. Le Conseil Fédéral Suisse propose un récapitulatif des mesures dans une vidéo.

La votation comme mode de décision

Pictogramme d'urne suisse

Cette loi a été adoptée par référendum, une procédure récurrente du système suisse. Pour la Stratégie Énergétique 2050, la participation est en baisse par rapport à la moyenne des années 2010, soit 46,2%. Peu de cantons se sont opposés à la loi. Ce projet était soutenu par le Conseil Fédéral suisse, notamment par la conseillère Doris Leuthard. Le premier parti parlementaire, l’UDC, de droite conservatrice le contestait. Mais c’est la population qui a le mot final sur la loi. La seule influence des politiques est d’inciter le vote des citoyens, par la communication publique. Cela se traduit notamment par une  campagne virtuelle, sur les réseaux sociaux.

 

Place au peuple

La Suisse fonctionne sur un principe de démocratie directe. Les citoyens y tiennent une place particulièrement importante. Pour cela, le système leur propose plusieurs façon de s’exprimer. Le principe de vote reste fondamental. La population peut être consultée directement par le gouvernement, ce qui arrive trois à quatre fois par an, ce sont les référendums obligatoires. Mais chaque habitant suisse peut en déclencher par lui-même. Soit par contestation d’une loi, soit pour proposer un projet. Ce dernier mode d’action, appelé initiative populaire, est celui qui fonctionne le moins dans le pays.  Pour en mettre une en place, il faut d’abord parvenir à réunir 100 000 signatures. Les militants font signer dans la rue, cela demande énormément d’investissement. Le peuple étant souvent amené à voter, la place laissée aux propositions autonomes peut sembler limitée.

Infographie présentant les modes d'expression politique en Suisse. Il y en a 3, le référendum obligatoire, le référendum facultatif et l'initiative populaire. Cette image présente leurs chiffres clés.

 

Pour mieux comprendre :

Et en France ?

Dans le système que nous connaissons si bien, la place accordée à la voix citoyenne est très différente. Le principe de démocratie représentative induit une distance entre le peuple et le pouvoir politique. Ainsi, les propositions de lois sont réservées aux parlementaires et au gouvernement. Certains acteurs sociaux souhaitent faire émerger une démocratie plus directe, plus proche du système suisse. C’était le cas du mouvement Nuit Debout, en mars 2016. Plus récemment, le parti Allons Enfants propose un système à mi-chemin entre représentative et directe. Ces jeunes, ayant moins de 25 ans, proposent de se faire élire aux législatives pour véhiculer les idées des Français au Parlement, via une “boite à idée”. Ce qui est parfois décrit comme un ras-le-bol de la classe politique se traduit par de nouvelles initiatives. Celles-ci veulent redonner aux citoyens leur place essentielle dans la démocratie. De Demos, le peuple.

 

 

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