Le compteur Linky, nouveau déni de démocratie ?

Vous avez sûrement déjà dû entendre parler du problème Linky. Non ? Rassurez-vous, si ça n’est pas le cas, ça ne saurait tarder. En effet, “pour accompagner la transition énergétique”, Enedis (ex-ERDF, filiale d’EDF) a créé une nouvelle génération de compteurs : les compteurs électriques communicants, dits Linky.

Selon Enedis, l’installation de ces compteurs ne peut être refusée (car concédée par les collectivités territoriales), et a pour objectif, d’ici 2021, de conduire au remplacement de 90% des anciens compteurs dans 35 millions de foyers.

Ces nouveaux compteurs sont “communicants”, c’est-à-dire qu’ils ne requièrent pas l’intervention physique d’un technicien pour recevoir des ordres ou envoyer des données, et permettraient ainsi une diminution des coûts de gestion. De plus, afin de pouvoir surveiller la consommation du client, le compteur utilise la technologie du CPL (courant porteur en ligne), et c’est donc les fils électriques qui servent à transporter les informations.

 

Cependant, nombreux sont les détracteurs du projet Linky, telles que l’association Robin des Toits, la coordinatrice du Parti de Gauche Danielle Simonnet, ou encore les 300 communes ayant déjà refusé l’installation des nouveaux compteurs, et ce pour plusieurs raisons.

D’abord, l’usage du CPL. Celui-ci se diffuse dans tout le logement et rend l’installation électrique radiative (fait reconnu par M. Hosono, Directeur de la société Itron) donc génératrice de rayonnements nocifs. Cette pollution électromagnétique peut alors causer de la fatigue, un risque de cancer et nuire fortement aux personnes électrosensibles. L’UFC Que Choisir rappelle d’ailleurs que le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé les ondes des radiofréquences dans la catégorie « cancérogène possible », ce qui n’a rien d’anodin. Ces ondes électromagnétiques peuvent aussi être à l’origine de dommages matériels (en déréglant des appareils), que les assurances refusent de couvrir.

Ensuite, ces compteurs communicants posent un problème de vie privée, de par leur capacité à enregistrer toute la consommation électrique du domicile, celle-ci permettant de deviner quels appareils ont été utilisés et quand. D’autant plus qu’en dehors de l’usage que pourrait faire Enedis de telles données, celles-ci risquent aussi d’être piratées par une personne mal intentionnée.

Enfin, les compteurs Linky tendent à augmenter les factures des usagers : actuellement, les disjoncteurs tolèrent une certaine marge de dépassement avant de couper le compteur, mais avec les Linky, en cas de dépassement, le courant est coupé directement, et l’utilisateur se voit souvent obligé de souscrire à un nouvel abonnement plus onéreux par la suite. Il faut aussi noter que la mise en place de ces nouveaux compteurs alors que les anciens sont encore en fonctionnement relève de l’aberration économique. Comment Enedis peut-elle revendiquer inscrire ses compteurs Linky dans une logique d’économie d’énergie si leur installation est elle-même source d’obsolescence ?

 

Ainsi, de nombreux arguments poussent à la remise en question de la légitimité de ce projet. Il semble donc normal que les opposants réclament des réunions d’information publiques (avec débats contradictoires), et surtout des référendums, avant d’accepter la moindre installation de compteurs Linky.

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